Samedi 28 juin 2008
Cet après-midi, j'ai participé pour la toute-toute première fois (comme dirait France Gall) à la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gay, Bi et Transgenres.

Nous avions une belle délégation des Alternatifs, avec drapeaux s'il vous plaît:


Nous avons distribué des tracts rappelant nos engagements contre la discrimination, pour l'égalité des droits, et en faveur d'une société plus ouverte, où chacun-e peut mener la vie affective et sexuelle qu'elle/il choisit.

Bien entendu, nous n'avions pas de camion avec des danseurs torse nu, comme le MODEM par exemple, ou l'UMP (qui n'affichait pas immédiatement son identité, juste ses habituelles couleurs bleu et rouge, et un nom ambigu, Gaylib, comme si la droite avait la liberté de son côté, avec les politiques de Dati et Hortefeux...) (mais sur les préservatifs qu'ils lançaient depuis le camion, il y avait un sigle de trois lettres bien explicite). Fin des parenthèses, mais ceci ne nous a pas empêché de tracter abondamment autour de nous, avec un certain succès. Nous avons distribué aussi le fameux autocollant représentant l'hybride Sarkozy-Nosferatu. Ce dessin de notre fameux dessinateur Mathieu Colloghan nous rend très populaires auprès des jeunes, qui se jettent sur nous dans les manifs pour en demander pour tous leurs copains. Un kamikaze alternatif a réussi aujourd'hui à en coller un sur le camion de l'UMP!

L'ambiance était à la fois très festive (je ne vous apprends rien), avec d'impressionnants trans à plumes qui attiraient tous les regards et les appareils photo, de la techno à fond les ballons, et engagée, avec la présence des syndicats (en particulier de la FSU, qui a mis l'accent sur l'homophobie à l'école), et  des associations comme Act'Up, ou bien Les Panthères Roses, dont les revendications étaient particulièrement politiques et anti-gouvernement Sarkozy.

C'était chouette. Franchement, j'ai bien aimé, et j'espère qu'on y retournera l'année prochaine.

Pour finir, une pancarte pour laquelle j'ai eu un petit coup de coeur:



Pas mal, non?
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Dimanche 16 mars 2008
DSCN1125.JPG

Hier, j’ai découvert sur Internet la douloureuse histoire de Chantal Sébire, cette femme défigurée par un cancer, victime de grandes souffrances, et à qui on a refusé l’euthanasie « active », c'est-à-dire la possibilité de mourir avec une assistance médicale, et entourée de ses proches.

 

 

 

Ce qui est en jeu ici, j’ai l’impression, c’est une certaine conception de ce qu’est la vie, et du droit qu’on a à disposer de son propre corps. Cette conception n’est pas purifiée du principe religieux selon lequel c’est Dieu qui donne la vie, et Dieu qui la reprend. Parce qu’aucun argument rationnel ne peut justifier du rejet de la demande de cette femme de mourir comme elle le veut : parfaitement lucide, argumentant son choix solidement. L’idée qu’il faut refuser l’euthanasie à Chantal Sébire parce que cela ouvrirait la porte à des dérives, à mettre fin à la vie de personnes contre leur volonté, n’est pas du tout fondée : il faut savoir différencier des cas qui ne sont pas comparables, et le droit doit permettre de fonder ces différenciations.

 

 

 

Ce qui est en jeu donc, j’ai l’impression, c’est une conception collective de ce qu’est le corps, et de ce qu’on peut en faire. Comme si cela dérangeait trop le reste de la société, pour qui la vie est donnée et reprise sans qu’on en décide, que d’autres refusent ce principe. Hier, un ami d’origine aristocratique, qui est gay, me racontait qu’au moment du débat sur le PACS, une partie de sa famille élargie avait affrété un car depuis sa région, pour venir manifester à Paris contre le projet de loi. Cela m’a éberluée, naturellement, et cette question m’est venue à l’esprit : « Mais qu’est-ce que cela peut bien leur faire que des gens de même sexe puissent bénéficier d’un contrat, qu’est-ce que cela leur retire, à eux ? ». Cela leur retire leurs certitudes, vraisemblablement. Sans doute ont-ils refoulé pas mal de questions concernant leur sexualité et leur mode de relation à autrui. Que d’autres vivent plus libres ; voilà qui est scandaleux !

 

 

 

Concernant la question des « drogues » : l’usage de certaines substances est réprimé par la loi. Non pas celui du sucre, pourtant reconnu comme drogue à haute accoutumance. Non pas celui de l’alcool, dont on connaît les ravages. Mais celui du cannabis. En quoi cela peut-il nuire à des personnes adultes et informées de fumer du cannabis quand elles le souhaitent ?

 

 

 

A propos du choix de la sexualité : je crois que chaque personne doit être libre de définir ce que la sexualité signifie pour elle, dans quel cadre elle inscrit cela. Si pour elle la sexualité signifie le mariage, très bien pour elle. Si la sexualité signifie une pratique ludique et agréable qui ne doit pas se mêler de considérations sentimentales, très bien aussi. Et si une personne choisit de monnayer certaines pratiques sexuelles, est-ce que cela doit être réprimé par la loi comme c’est le cas aujourd’hui ?

 

 

 

Qu’on ne me fasse pas écrire ce que je n’écris pas :

 

 

 

je ne crois pas qu’actuellement, il soit anodin que beaucoup de jeunes prennent du cannabis ou d’autres drogues (alcool…) parce qu’ils sont un peu perdus dans leur vie et que cela leur apporte une sorte d’évasion  hors d’un quotidien difficile. Je ne crois pas non plus que le lot de la grande majorité des prostitué-e-s soit heureux. Et je ne pense pas que la plupart des gens choisissent de se prostituer comme d’autres deviennent comédienne ou médecin. Mais je crois que s’il faut mener un réel effort politique pour démanteler les réseaux qui conduisent à l’esclavage, et un réel effort d’éducation pour que les jeunes comprennent bien que leur corps leur appartient, et les filles, en particulier, que leur corps n’est pas le jouet des garçons, qu’elles n’ont pas à accepter certaines choses de peur d’être mal jugées ou de déplaire ; en revanche, toutes les lois qui sont actuellement en vigueur en France sont plutôt des lois contre les prostitué-e-s que des lois contre la prostitution. Par exemple, accuser toute personne qui loue un logement à un-e prostitué-é de proxénétisme (oui, c’est bien dans le code de la loi française !), ce qui conduit les prostitué-e-s à se déplacer dans des zones dangereuses, à vivre dans des caravanes où ils/elles sont victimes d’agression, hors des centres des grandes villes, est-ce que cela a un sens ?

 


Cela a un sens en termes d’ordre public. La prostitution est sale, on en débarrasse l’espace où vivent les braves gens. Mais pour les personnes qu’on est censé aider, les prostitué-e-s, quelles sont les conséquences ? De la fragilisation et des difficultés. Je ne suis pas du tout pour que la prostitution devienne un métier comme un autre, avec les dérives que cela apporte, comme en Hollande où on permet à certaines femmes d’immigrer seulement à condition de devenir prostituées. Mais je crois que la réflexion sur la question de la prostitution, en France, est encore bien trop teintée de principes religieux, sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas avec son corps. Se pourrait-il que les gens qui réfléchissent à ces questions y réfléchissent posément, en laissant au vestiaire leurs a priori, pour se demander vraiment, en termes de société, en termes de conséquences sur les personnes, ce que signifiera tel ou tel projet de loi ?

 

 

 

Aujourd’hui, il existe encore des pays du monde où les relations sexuelles avec des personnes de même sexe sont punies de la peine de mort. Sans que ce « délit » affecte de la moindre façon les personnes qui y sont extérieures. Il s’agit de maintenir un certain ordre public, une conception de ce qui se fait et ne se fait pas. Aujourd’hui, la situation a évolué en France sur cette question, mais pas sur d’autres, et si on peut penser qu’un changement va avoir lieu, il met encore trop de temps à se produire, pour les personnes qui l'attendent dans leur chair et dans leur âme.

 

 

 

Je crois qu’un pays évolué en termes de mœurs, c’est un pays où on peut choisir de ce qu’on fait de son corps. En étant informé-e bien sûr, et en bénéficiant d'une prévention médicale et psychologique adéquate. Mais être informé-e et prévenu-e, ce n’est pas la même chose qu’être réprimé-e et puni-e par la loi !

 

 

 

L’Etat moral inscrit sur nos corps une chape de plomb. L’Etat économique nous dit aussi ce qu’il convient d’ingérer, ce qui est dangereux ou non pour notre corps, et frappe d’anathème ceux et celles qui entravent son activité. Les chercheurs qui montrent que les OGM sont dangereux, ou bien que le sel consommé en grande quantité est nuisible, sont menacés par la grande industrie, qui leur intente des procès (sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes, on peut signer une pétition pour soutenir quelques-uns de ces scientifiques). Les études qui montrent que l’usage des téléphones mobiles aggrave le risque de nombreuses maladies, sont systématiquement « oubliées » par les rapports gouvernementaux sur le sujet.

 

 

 

Aujourd’hui, plus que jamais, il convient de s’informer, le plus possible, à partir de multiples sources, de débattre, de réfléchir, et de décider de ce qu’on veut faire de soi, de son corps, de sa vie. Cette vie qu’on a unique, et qu’on doit se construire épanouie, et pas frustrante. Je crois.

 
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Dimanche 16 décembre 2007

kandinsky-copie-1.jpg

Lorsque j’ai décidé d’écrire un article sur Trouble dans le genre la semaine dernière, c’était pour dire à quel point ce livre m’avait laissée perplexe. C’était aussi pour tenter de « vulgariser » quelques idées des féministes américain-e-s, sur les questions de genre et de sexualité.

 

Alors que je reprochais à l’auteure du livre son côté obscur, plusieurs personnes de mon entourage m’ont fait comprendre délicatement que mon article n’était pas non plus particulièrement clair. Je vais donc essayer d’expliquer, non pas ce qu’il y avait dans ce livre, car je ne l’ai pas fini et pas vraiment compris ! Mais ce que pensais y trouver, compte tenu de ce que j’avais pu lire et entendre, dans divers cours, séminaires et discussions.

 

Avant toute chose, je crois que les idées que je cherchais à expliquer nécessitent un vocabulaire, et un « bagage argumentatif » un peu costauds, étant donné qu’elles ne sont pas courantes. On peut donc faire un effort de pédagogie, mais il y aura toujours des termes comme « genre », ou « déconstruire », dont on ne peut pas faire l’économie. Allons-y, maintenant.

 

L’idée essentielle des féministes américain-e-s, c’est que le genre est construit socialement. Le genre : masculin versus féminin. Vous m’arrêtez si vous ne comprenez pas, n’est-ce pas ? Les commentaires sont faits pour ça.

 

« Le genre est construit socialement », ça veut dire qu’il y a plein de « qualités », ou de comportements qu’on a tendance à naturaliser – à attribuer à la biologie, aux gènes, à la nature…- alors qu’ils sont plutôt fabriqués et entretenus par la société. Des exemples : « les femmes sont sensibles » ; « les hommes sont infidèles » ; « les femmes n’ont pas le sens de l’orientation » ; « les hommes ont le sens du pouvoir » ; « les femmes ont le sentiment maternel » ; « les hommes ont des besoins sexuels irrépressibles »…

 

Il y a donc tout un travail de recherche, et d’écriture, qui consiste à montrer comment l’éducation, mais aussi les jouets, les images véhiculées par les médias, la représentation des hommes et des femmes dans la société… Contribuent à fabriquer les femmes d’une certaine façon, et les hommes d’une certaine façon.


princesse-boniche.jpg

Naturellement, dans cette démarche qui consiste à montrer « comment les choses sont construites », il y a aussi l’idée de les « déconstruire », c'est-à-dire de permettre aux hommes comme aux femmes d’exister en dehors des stéréotypes sexués. Pour reprendre les clichés mentionnés ci-dessus, permettre aux hommes d’exprimer leur sensibilité, aux femmes leur envie de se faire une place en politique… En bref, d’offrir de nouveaux espaces d’existence pour les uns et les autres : vivent les hommes qui pleurent et les femmes qui aiment se servir de la tronçonneuse ! Il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit à quiconque, juste d’élargir le champ des possibles. Avoir plus de droits, même s’ils sont « implicites », c’est toujours mieux.

 

 

 

Au-delà de cette argumentation de la « construction sociale du genre », il y a, pour certain-e-s auteur-e-s, l’affirmation de la « construction sociale du sexe ». Ces auteur-e-s ne considèrent pas seulement que les façons d’être sont construites, mais même que le sexe biologique serait construit ! Pour eux/elles, on se tromperait en affirmant qu’il y a d’un côté des personnes de sexe féminin, et d’un autre des personnes de sexe masculin. De même qu’on se trompait lorsqu’on affirmait qu’il y avait plusieurs races humaines, les Noirs, les Blancs, les Jaunes et les Rouges.

 

 

 

Je vous imagine déjà réagir "Quelle ineptie! Sur quoi peut-on s'appuyer pour affirmer une chose pareille?". Sur un certain nombre de réalités biologiques. Qui montrent que quel que soit le critère de définition du sexe, un certain nombre de gens échappent à la classification binaire. Si on choisit la génétique, on se rend compte qu’en plus des traditionnels caryotypes XX et XY, il y en a une pléthore d’autres, X, XXX, XXY… Et qu’une quantité non négligeable de gens portent ces caryotypes. Si on choisit les hormones, on se rend compte qu'il n'y a pas non plus de configurations hormonales qui définissent seulement les femmes et toutes les femmes, et de même pour les hommes. Et si on choisit l’aspect des organes génitaux, là non plus. Je mentionnais dans mon précédent article les opérations systématiques qu'on fait subir aux bébés à la naissance, lorsque que le zizi est un peu trop long pour être une fille et un peu trop court pour être un garçon… On arrange un peu la réalité pour que le bébé puisse rentrer dans l’une ou l’autre des catégories (j’avoue ne pas connaître les détails techniques sur le sujet).

 

 

 

Les revendications de certains intersexués (ceux qui n’ont pas été opérés à la naissance, et ont pu se politiser), c’est de dire « je ne veux pas qu’on me mette dans la case fille ou dans la case garçon, fichez-moi la paix, je suis comme je suis ». Pour ces gens-là, c’est une erreur de dire que telle personne est un homme et telle personne une femme. Il n’y aurait pas des sexes binaires, homme versus femme, mais plutôt continus; pour chaque typologie comme les hormones, ou l'aspect des organes génitaux, on serait plus ou moins femme ou homme, mais seulement plus ou moins, jamais totalement… Et donc, dans cette perspective, ça n’aurait absolument pas de sens de dire « untel est hétérosexuel », « unetelle est homosexuelle », parce que les catégories "homme" et "femme" n'existeraient plus!

 

 

 

La question que pose Butler au début de son livre (je ne sais pas si elle y répond, car j’ai jeté l’éponge, et le livre aussi, avant d’avoir une réponse) est la suivante. Pour améliorer la société, est-ce qu’il vaut mieux dire « les femmes sont battues par les hommes » ; « les femmes sont moins bien payées que les hommes »…, et se battre pour que cela change, ou bien « la notion de sexe n’est pas pertinente ; nous sommes tous des personnes », et se battre pour faire disparaître l’existence même de la polarité masculin/féminin ? Dans cette perspective, j’imagine que les profs, les parents… la société en général se comporterait pareil avec tous les enfants, et que petit à petit on aurait une société avec d’infinies variations dans la sensibilité, les goûts vestimentaires, les comportements… Et leurs configurations. Il n'y aurait plus de femmes battues, et de femmes moins bien payées, parce qu'il n'y aurait plus de femmes du tout. Ni d'hommes, d'ailleurs. Seulement une population de personnes uniques dans leur façon d'être et de vivre avec les autres.

 

 

 

J’espère que cet article est plus clair que le précédent, et qu’il vous permettra de retourner voir l’ancien plus sereinement. Pour moi, ces problématiques soulèvent beaucoup de questions théoriques et concrètes, psychologiques et politiques...

 

 

 

Vous me ferez des retours ?

 
 
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Vendredi 7 décembre 2007


Note de pré-lecture: l'article ci-dessous ayant été perçu par peu clair par plusieurs lecteurs, un autre article a été écrit ensuite pour essayer de désembrouiller les notions abordées ici. Il peut être judicieux de lire le plus récent avant le plus ancien.


transgenre.jpeg

Depuis un certain temps, je voulais lire Trouble dans le genre [comment, vous n’avez jamais entendu parlé de Trouble dans le genre ?].

 

 

 

Ce livre, de la philosophe féministe américaine Judith Butler, a été traduit de l’Anglais au début de l’année. Le milieu féministe et queer américain est très en avance sur le plan des idées, et ce que j’en savais me donnait envie d’aller voir de plus près ce qui s’y écrivait.

 

 

 

Cet été, j’avais eu l’occasion de lire la préface de cet essai, et je dois dire qu’elle m’avait franchement alléchée. Dans ce livre, écrivait l’auteure, il y a des développements philosophiques qui peuvent sembler compliqués et gratuits aux lecteurs. Mais ces développements sont au service d’un projet politique. Ensuite, de nous expliquer que dans sa famille, elle avait un grand-oncle (ou une grand-tante) qui avait des organes génitaux atypiques, et qui avait dû passer toute sa vie dans une « institution », une vie triste et de solitude. Qu’elle avait aussi des cousins gays, qui n’avaient pas pu vivre leurs désirs comme ils l’entendaient. Et que ce livre avait pour vocation de défaire des schémas de pensée qui condamnent les gens « hors norme » à une vie d’exclusion. Que ce livre avait pour projet d’ouvrir des espaces pour des modes d’existence plus variés. Du moins, c’est ce que j’en avais compris.

 

 

 

J’ai acheté le livre il y a bien deux mois, et j’essayais de le lire, par bribes, opiniâtrement mais difficilement.

trouble-dans-le-genre.jpg 

 

Le livre s’ouvre sur une question qui semble étourdissante tant sa réponse semble pouvoir révolutionner le champ de l’entendement. Est-ce qu’il est bon, demande Butler, que le mouvement féministe postule l’existence d’une catégorie de personnes, « les femmes », dans le but de lutter pour les droits ces personnes ? Ne vaudrait-il pas mieux, plutôt que de considérer deux catégories dont l’une opprime l’autre, gommer les frontières entre ces deux catégories, faire qu’il n’y ait plus vraiment les hommes d’un côté et les femmes de l’autre, qu’on soit tous des personnes, et du coup, on ferait disparaître du même coup les préjugés sexistes, l’éducation sexiste, la supériorité intériorisée pour les uns, et l’infériorité intériorisée pour les autres. Naturellement, si on élève un enfant sans en faire une Barbie miniature à passer le balai, ou un Superman futur brillant physicien, on n’aura pas besoin, vingt-cinq ans plus tard, de se battre pour que le deuxième n’exploite pas la première. Je caricature peut-être la pensée de Butler, et j’explicite à ma façon, car tout cela est exprimé de manière plus obscure et théorique.

 

 

 

Au début du livre, où il était beaucoup question d’ « hétérosexualité obligatoire », il me semblait que se dessinait un argumentaire qui allait être explicité plus tard. Consistant à dire que dans notre société, il y a une sorte d’implication linéaire obligatoire entre le sexe (ce qui est physique), le genre (féminin/masculin), et la sexualité (qui je désire, avec qui j’ai des relations). Exemple, tu as des organes génitaux « de type féminin », donc tu es une femme, donc tu vas désirer, et tu auras des relations avec des hommes. Butler ayant annoncé aussi dans l’introduction que son but était de créer du « trouble » là où il n’y avait qu’évidence pour la plupart des gens, je m’attendais à un manifeste en faveur de modes d’existence plus diversifiés, moins polarisés entre le « pôle masculin » et le « pôle féminin ». C'est-à-dire, la possibilité pour quelqu’un de ne pas s’affirmer comme « une femme » ou comme « un homme », mais juste comme une personne (dans sa manière d'être physique et relationnelle, je suppose). La possibilité d’avoir une sexualité qui n’est pas définie dans une case « je suis homo/je suis hétéro ». Je m’attendais à trouver tout cela dans le livre, d’après ce que je savais sur les mouvements des intersexués, des gens qui se revendiquent comme n’étant pas « un homme » ou « une femme », et rejettent la volonté normative de la société : il y a intervention chirurgicale, de façon systématique, sur les bébés qui naissent « entre les deux sexes » (il y en aurait 1,7%). Eux, les intersexués, revendiquent justement de ne pas être A ou B, mais d'être ailleurs, autrement.

 

 

 

En fait de tout cela, j’ai trouvé un discours vraiment très compliqué, au niveau de la forme, et surtout, j’ai eu l’impression qu’on me parlait de tas d’auteurs, en disant unetelle a dit ça, mais dans un autre livre untel a affirmé ça, et puis une troisième a plutôt telle vision… Passe la balle à ton voisin. J’ai eu l’impression que ce livre planait complètement, en passant d’un sujet à un autre, sans que ce soit bien clair, et surtout sans que jamais il y ait la moindre synthèse sur ce qu’on était censé-e tirer de tous ces « untel a dit que ». Sans que jamais on tire la moindre conséquence politique de ces énonciations psychanalytico-anthropo-philosophiques.

 

 

 

Un extrait choisi au hasard : « La rupture poststructuraliste avec Saussure et les structures identitaires de l’échange qu’on trouve chez Lévi-Strauss réfutent les prétentions à la totalité et à l’universalité ainsi que le présupposé selon lequel il y aurait des oppositions structurelles binaires qui opéreraient implicitement pour supprimer la constante ambiguïté et le caractère ouvert de la signification linguistique et culturelle. En conséquence de quoi, la différence entre le signifiant et le signifié devient la différance opérante et illimitée du langage, faisant de toute référencialité une déstabilisation potentiellement infinie ».

 

 

 

Au bout d’un moment, j’ai jeté ce livre avec énervement. Je veux bien que ce soit de la philosophie, qu’il faille s’armer de concepts pour comprendre ce qui est écrit. Mais qu’on ne me dise pas que c’est un ouvrage à vocation politique. Combien de personnes dans ce pays sont capables de comprendre un bouquin comme ça ? Ca sert à quoi ?

 

 

 

Sur Internet, j’ai lu que quelqu’un (Christophe Laudou) accusait Butler de cacher des non-sens et des lieux communs sous « un jargon incompréhensible ». Des lieux communs peut-être pas, mais pour le jargon incompréhensible, je suis d’accord. Je suis pour une démocratie de la connaissance. Le grand-oncle de Butler, et puis ses cousins, je ne vois pas très bien ce qu’ils auraient pu faire de ce bouquin, voué à mon avis, de par sa forme, à ne jamais sortir des cercles érudits universitaires, qui ne sont peut-être pas les plus intolérants en matière de sexualité.

 
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 30 novembre 2007

DSCN0728.JPG

En pleine période des 48h du lit (n'allez pas croire à des aventures extravagantes, mes compagnons d'épreuve sont tous présents sur la photo!), je surfe sur la toile des blogs, des sites d'infos, je lis et je visualise des choses de toute sorte. 

Ainsi, je viens de découvrir (par quel enchaînement d'idées et de clics, je l'ai déjà oublié), qu'il existait une compétition féminine d'échecs, un classement à part pour les femmes. Je suis déjà choquée par l'info. Nous, les femmes, n'avons-nous pas un cerveau qui fonctionne aussi bien que ces messieurs? Pour info, c'est seulement en 1924 qu'un bac équivalent pour garçons et filles a été créé, et c'est seulement en 1985 que l'Ecole Normale Supérieure est devenue parfaitement mixte, avec le même concours pour les filles et les garçons.

Donc, il y a un championnat d'échecs à part pour les filles. C'est tout?

Non! Il y a pire. Pour ces jeunes personnes au cerveau sous-développé qui prétendent participer aux jeux de l'esprit, il y a même un concours de beauté!

http://echecsmag.over-blog.com/categorie-701935.html

Quelle phrase l'introduit sur le blog ci-dessus?
"
Quel joueur d’échecs n’a jamais aperçu dans un tournoi d’échecs, sur un magazine ou un site internet la silhouette d’une belle créature féminine comme Alexandra Kosteniuk, Almira Schripchenko…"
Ben voyons, une "créature"...

podium-miss-beauty-echecs-21062006.jpg

Loin de moi l'idée de dénier l'importance du physique, pour les mecs comme pour les filles. A mon avis il vaudrait mieux, d'ailleurs, tirer un peu tout le monde vers le raffinement, le culturel incorporé (je trouve que les mecs - hétéro, de manière générale - sont plus souvent "bruts" dans leur façon d'être physique, et les filles modelées par ce qu'elles sont à l'intérieur, par ce qu'elles ont envie de paraître à l'extérieur...) que nier l'importance de la façon d'être physique, dans la relation à soi et aux autres.

Prenons Rufus Wainwright, qui est gay (sanglots étouffés)
Rufus-copie-2.jpg
On appréciera l'investissement corporel... L'assumation physique...

Donc, pour revenir à ma remarque ci-dessus, je ne critique pas le fait de porter une attention à ce que ces joueuses sont physiquement, mais... A quand un concours de beauté pour les joueurs d'échecs? Pour les ministres? (j'ai lu il y a pas longtemps que les ministresses de Sarkonnard étaient allées rencontrer Bush avec des robes de grands couturiers) Pour tous ces gens qui sont censés travailler avant tout avec leur tête? Je ne parle pas des sportifs qui travaillent avec leur corps et pour lesquels ce genre de considération n'est pas tabou. Ce qu'il me semble, très clairement, c'est qu'on ne peut pas être une femme et exister par son esprit, son charisme avant tout. Les médias vont toujours rappeler qu'on est charmante, ceci cela.
Ainsi de Paris Match récemment, à propos de Valérie Pécresse:
"
belle, intelligente, douce et compréhensive : c'est difficile de résister au charme de Valérie Pécresse"...
(sans commentaire sur le contexte dans lequel le journal People a voulu venir au secours de la controversée)



par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 19 novembre 2007
femme-homme.jpg

En ces temps troublés, un article sur le « genre » destiné à vous distraire, à vous faire réfléchir, mais aussi à vous proposer un protocole d’expérimentation et d’observation que vous pourrez mettre en œuvre afin d’infirmer ou de confirmer mes intuitions.

 

 

 

Je remarque souvent que lorsque je suis assise dans le métro à côté d’un homme, il prend toute la place qu’il peut, les jambes écartées, alors qu’instinctivement, je me fais petite, je me serre. Lorsque je le réalise (qu’il dépasse largement la ligne de démarcation entre nos deux sièges avec sa jambe), je suis énervée contre lui et contre moi-même, parce que j'intègre sans le vouloir ces stéréotypes de comportement que je combats dans mes discours. On pourrait dire que c’est anodin ; je ne peux pas m’empêcher de voir dans cette occupation de l’espace physique une métaphore de l’occupation de l’espace social par les hommes et des femmes. Pour les premiers, je prends de la place, je ne regarde pas si les autres sont gêné-e-s ; pour les secondes, je ne veux pas embarrasser les autres, je me fais discrète… Dans les réunions politiques, les femmes croient souvent que ce qu’elles ont à dire n’est pas très intéressant, ou pas très pertinent ; elles essaient en tout cas de le dire vite et efficacement. Les mecs prennent dix minutes pour dire ce qu’ils pourraient énoncer en deux minutes, et qu’on a souvent compris dès le début de leur speech.

 

 

 

Lorsque je me rends compte que je serre les jambes malgré moi dans le métro pour ne pas gêner, et que je m’énerve d’incarner ainsi la représentante la plus soumise de mon genre, j’écarte délibérément les jambes jusqu’à occuper toute la largeur de mon siège, ni plus, ni moins, en poussant sur la jambe de mon voisin. Tout en pestant intérieurement.

 

 

 

Vous allez me dire que les hommes sont plus forts, que le métro est petit et qu’ils ont besoin de plus d’espace. J’y ai déjà pensé. Mais j’ai remarqué que tous, même les maigres, se tiennent ainsi.

 

 

 

Il y a peut-être aussi des facteurs anatomiques que j’ignore et qui conduisent les hommes à se tenir ainsi. Franchement, je n’en sais rien. Mais je veux bien lire vos remarques sur le sujet.

 


Puisque ce sujet de l’occupation de l’espace social et physique par les hommes et les femmes est lancé, je voudrais aussi vous faire part d’une réflexion que je me suis déjà faite sur ce qu’on pourrait appeler « l’occupation de l’espace communicationnel des hommes et des femmes ». Lorsque j’avais une vingtaine d’années, un jour où je faisais du VTT et où je m’étais un peu égarée, j’ai constaté avec effroi (il faut bien le dire !) que lorsque j’ai rencontré un couple sur mon chemin, je me suis adressée à l’homme pour lui demander de me guider. Comme si l’homme détenait la légitimité pour répondre au nom des deux personnes, l’autorité de donner la parole juste. Je n’avais même pas hésité. L'idée d'avoir intégré une telle conception des choses m’avait beaucoup troublée. J’avais alors décidé (comme dans le métro plus récemment), d'aller délibérément contre mon instinct social, et de m’adresser en même temps aux deux personnes d’un couple, en regardant alternativement l'un et l'autre, lorsque je voudrais demander des renseignements. Ce que j’ai fait pendant un certain temps.

 

 

 

Eh bien, vendredi dernier, j’étais en errance à la Défense avant de me rendre au débat organisé à Nanterre par mon ami Louis, et je cherchais un militant nommé Roger, qui devait m’y conduire en voiture (je sais que cela vous passionne). Je m'étais égarée au milieu des tours. J’ai croisé un couple et j’ai décidé de m’adresser à la femme uniquement, en la regardant droit dans les yeux, pour demander mon chemin. Ce que j’ai fait. L’homme m’a répondu. J’ai continué à la regarder plutôt elle en re-demandant « Ah bon, c’est par là donc, je dois tourner à gauche… ? ». L’homme m’a re-répondu. Au bout d’un moment où il n’y avait que cet homme qui me répondait, j’ai renoncé à fixer la femme (ils m’auraient prise pour une barge). Voilà. Ca me consterne.


 

 

Menez l’expérience, en toute bonne foi, et transmettez-moi vos résultats.

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Lundi 6 août 2007
C'est pas politique, c'est juste pour le plaisir...

P1090559.JPGP1090560.JPGP1090561.JPGP1090562.JPGP1090563.JPG
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 31 juillet 2007
DSCN0476.JPG

 

Lorsque je n’y pensais pas trop, j’étais naturellement abolitionniste, sans le savoir. Je me disais que la prostitution, c’était une souffrance pour les prostituées, que bien souvent, elles se retrouvaient à faire cette activité parce qu’elles étaient vraiment dans une dèche horrible ; et même, je me disais quand même qu’il fallait avoir un rapport assez bizarre à son corps pour accepter de se prostituer plutôt que d’être caissière au Franprix, même si j’imaginais bien que le travail au Franprix devait être assez désagréable, ennuyeux, mal payé…

 

Au printemps dernier, ma copine Marie, qui écrivait son mémoire de droit sur la prostitution, m’a parlé de la « marche de la fierté pute », qu’elle avait connue par quelqu’un qui y participait. Elle était devenue « réglementariste ». C'est-à-dire qu’elle demandait, si des gens choisissent d’être prostitué-e-s, pourquoi est-ce qu’on les réprimerait (position prohibitionniste) ? Pourquoi est-ce qu’on pénaliserait leurs clients, les privant ainsi de leur activité (position abolitionniste) ? Je me rappelle aussi qu’elle avait émis cette idée que j’avais déjà entendue à la radio de la part de prostitué-e-s qui s’assument, qu’il n’est pas pire d’utiliser son vagin comme instrument de travail, que ses mains, comme le font la plupart des ouvriers.

 

Ca me semblait quand même un peu bizarre. D’abord parce que moi, même si je n’aime pas trop serrer la main ou faire la bise à telle personne qui me débecte, je trouve quand même ça moins lourd de conséquence que de coucher avec cette personne ! Et puis parce que je crois que dans le fond, ce qui me dérange dans cette histoire de prostitution, qui est quand même en grande majorité tournée vers les hommes –que les prostitué-e-s soient des femmes, des hommes, ou des travestis-, c’est le rapport asymétrique qui existe entre l’homme consommateur, qui donne son fric, et la prostituée qui reçoit le fric et propose ses services corporels. Comme si le désir était exclusivement masculin, de même que le fric. La femme, elle, aurait pour elle ses charmes, dont elle pourrait user. Je me disais aussi, dans une société suffisamment libérée, pourquoi chacun-e ne trouverait-elle/il pas un-e partenaire consentant-e et motivé-e, pourquoi faudrait-il que certaines personnes aient recours à la prostitution ?

 

Il y a quand même une catégorie de personnes pour lesquelles je comprenais le recours à la prostitution (hommes et femmes) : les handicapé-e-s. Je comprenais vraiment que ce soit vraiment dur, pour beaucoup de gens, de se dire « je n’aurai peut-être jamais de relation sexuelle de ma vie, à cause de mon handicap » (c’est d’ailleurs le discours d’un jeune homme dans un petit film documentaire qui vient de sortir, réalisé par l’Association Française contre les Myopthies, et qu’on peut voir gratuitement sur Internet, « L’amour pour tous »: www.afm-france.org/e_upload/div/
amourpourtous.wmv ). Il me semble aussi assez évident que des personnes qui n’ont pas l’usage de leurs mains et ne peuvent pas se masturber seules, ont le droit d’être aidées. J'avais lu le témoignage d'une "assistante sexuelle" néerlandaise sur Internet, qui parlait de son travail auprès de personnes handicapées, et j'avais été touchée par la générosité de sa démarche. A mes élèves ados handicapés, je souhaite de pouvoir vivre beaucoup de choses dans leur vie, comme à nous tous. Je ne leur souhaite pas d’avoir, en plus de leurs difficultés physiques données au départ, de la frustration, du désespoir (enfin, ils en auront sans doute comme chacun de nous, mais autant qu’ils/elles en aient moins que plus).


[Note de relecture: à part pour la masturbation, ce que j'ai écrit est discriminant pour les handicapé-e-s. Dans un monde "évolué" comme celui auquel j'aspire, il n'y a aucune raison pour qu'ils demeurent dans l'isolement et la frustration. Mais dans le monde imparfait dans lequel nous sommes, ce qui suit reste valide]

 

Donc, ça ne me semble pas super d’être prostituée, je ne crois pas que j’aurais tellement envie de le faire, et je pense que c’est bien que l’Etat s’attelle autant que possible à démanteler les réseaux d’esclavage qui maintiennent des personnes dans une existence sordide dont elles ne veulent pas (qu’il s’agisse de prostitution, d’esclavage domestique, ou autre). Je pense que dans la société actuelle où il y a encore beaucoup de gens qui font ce métier par obligation, il faut permettre autant que possible aux prostitué-e-s qui le souhaitent de se reconvertir, de sortir de la drogue si ils/elles en dépendent… Ce n’est sûrement pas avec des méthodes répressives type « loi sur la sécurité intérieure » de Sarkozy qu’on va aider ces personnes-là. Mais pour celles/ceux qui veulent faire ce travail, et il y en a (j’ai lu la semaine dernière le manifeste Fières d’être putes de Maîtresse Nikita et Thierry Schaffauser et ce livre m’a pas mal remué la tête), pourquoi les en empêcher ? Pourquoi décider a priori que c’est une activité « contraire à la dignité humaine » ? Au contraire, il faut permettre à celles/ceux qui veulent faire ce travail, de l’exercer dans des bonnes conditions, avec une protection sociale, et tout le reste.

 

Là comme ailleurs, il y a le problème de la dichotomie entre « la société idéale » à laquelle on aspire, et les mesures qu’on prend aujourd’hui. Pour moi, dans la société idéale, la prostitution ne serait peut-être pas une nécessité. Mais dans cette société idéale, il n’y aurait pas non plus d’esclavage des animaux pour leur chair. En attendant, je suis pour qu’on montre la réalité des abattoirs aux gens, qu’on propose systématiquement dans les collectivités des menus végétariens à côté des menus carnés. Et dans le domaine de la prostitution, je suis pour qu’on protège les gens de l’esclavage par les autres. Mais qu’on permette à ceux/celles qui choisissent une activité de la pratiquer sans se cacher et sans être rejetés, considéré-e-s comme la souillure de la société, poursuivi-e-s par la justice…

 

Voilà ! A bientôt pour de nouvelles aventures !

P.S. La personne qui devine où la photo ci-dessus a été prise, recevra au choix un verre de bière des faucheurs d'OGM, ou une tartine de sojami aux algues.

 

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Genre, amour et sexualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Album photos

Blog : Guides d'achat sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus