Mardi 20 mai 2008


Mais qu'est-ce donc que ce relief marron?

Bon, on va dire que le titre vous aide...

C'est donc mon premier gâteau au chocolat vegan, réalisé d'après une recette transmise à la Veggie Pride. En ce qui me concerne je le trouve bon :-) mais je vais le tester demain auprès de mes collègues.

J'ai écrit dans mon dernier article qu'un certain groupe de végétariens, présents à la Veggie Pride, insultaient les gens qui mangeaient au KFC. J'ai vu sur
une vidéo de YouTube qu'ils sifflaient aussi les clients d'un restau de viande, sur le parcours. J'ai lu sur Indymedia Paris que les organisateurs revendiquaient aussi une tentative de forçage des portes du MacDo des Halles, de la part de plusieurs militants antispécistes musclés.

Ca me gêne énormément.

J'ai lu récemment dans la revue S!lence (écologie, alternatives non violentes) un article sur Israël et la Palestine, dont le message était, en gros: bien sûr qu'Israël se comporte de manière assez horrible avec la Palestine, on peut dire "qu'Israël a commencé" et "qu'il fait pire que la Palestine", mais si on observe les conséquences des attentats suicides des jeunes Palestiniens désespérés et prêts à tout, on se rend compte qu'Israël riposte par des représailles bien plus terribles encore. L'auteur de l'article implorait donc les Palestiniens de rompre, non avec la lutte politique, mais avec la violence. Il écrivait que pour lui, ce serait la seule attitude vraiment constructive et vraiment révolutionnaire: militer, se faire entendre, mais pas tuer.

Les végétariens (vegan, plutôt) qui ont tenté d'infiltrer le MacDo tiennent un peu le même discours que les Palestiniens. Ce qu'on fait subir aux animaux, disent-ils, c'est mille fois pire que la violence verbale qu'on impose. C'est vrai. Je ne remets pas ça en question. Sauf que la conséquence des agressions des vegans antispécistes, c'est vraiment le rejet de la part des omnivores qui n'avaient déjà pas trop envie de se questionner sur leurs choix (ou non choix) alimentaires. C'est même drôlement pratique pour eux; ils peuvent se dire "oh là là ces excités, j'ai vraiment pas envie de leur ressembler, mais moi je mange de la viande; eux, ils doivent avoir des carences pour se comporter comme ça...".

J'ai visionné sur Youtube
la première version américaine de la Veggie Pride, qui se déroulait à New York. L'esprit a l'air beaucoup plus positif qu'à Paris, les deux manifestants de tête sont déguisés en une carotte et en une cosse de petits pois (!!!). Plein de pancartes portent le message "Save our planet, go green, be veg". Ca aussi, je trouve que c'est positif (alors qu'à Paris, il est interdit, par les organisateurs, de parler d'autre chose que des animaux, comme l'environnement ou la santé).

Où est-ce que je voulais en venir avec mon gâteau au chocolat?

Montrons aux omnivores que la vie végétarienne, c'est vraiment chouette, qu'on a une taille de guêpe et qu'on mange plein de bons trucs, qu'en plus on a une conscience aiguisée et qu'on réfléchit mieux que jamais... Servons-leur du gâteau au chocolat vegan et autres douceurs...

C'est une politique de militantisme qu'on pourrait même étendre, justement, au militantisme politique lui-même... Montrons comment des services publics, c'est bien, comment on va pouvoir (re) construire un bon système éducatif et de bons hôpitaux si on fait le choix de se positionner là où il faut, bien à gauche... Comment on aura de la bonne nourriture bio et un air doux à respirer si on vote bien écolo en même temps... Comment on aura son mot à dire, à tous les niveaux, dans la commune, au travail, si on choisit de donner sa voix à un mouvement autogestionnaire... Comment on pourra exister indépendamment du genre qui apparaît sur notre carte d'identité, décider, choisir notre mode de vie, si on vote pour un groupe féministe... Avec tous ces indices, ne me dites pas que vous n'avez pas compris
à quel mouvement politique je fais allusion!

En bref, un peu d'utopie, ça ne fait pas de mal; cette société que nous voulons, définissons-la, appelons-la de nos voeux, militons tout ce qui est possible pour la construire, et n'ayons pas peur de le rendre sexy ce qu'il faut, quand on en parle autour de nous!
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Dimanche 18 mai 2008
Au cours des quatre derniers jours, j'ai participé à trois grandes manifs! Quel printemps des luttes, messieurs-dames!

Jeudi, manif de défense des services publics, avec les Alternatifs. Aujourd'hui, grande manif des enseignants, contre la politique de casse du gouvernement, avec toute ma famille venue en TGV, remplie d'énergie et les sacs pleins d'instruments de musique tous plus bruyants les uns que les autres.

Et samedi, la Veggie Pride. La manifestation de fierté des végétarien-ne-s.

Comme beaucoup de gens connaissent le principe d'une manif "classique", de gauche quoi, et comme j'avais oublié de prendre mon appareil photo jeudi et aujourd'hui, je vais vous raconter la Veggie Pride.

Tout d'abord, c'est une manif qui a lieu chaque année à Paris, depuis plusieurs années. Combien? Je n'en sais rien. Ce qui est sûr, c'est que j'y suis allée pour la première fois il y a cinq ans, que j'y ai rencontré des gens de l'Association Végétarienne de France (qui s'appelait alors "Alliance Végétarienne"), et que c'est à ce moment-là que je suis devenue une végétarienne de combat. !%¤!!! Attention à vous $^^!!

Cette première fois, j'avais été extrêmement émue de voir tous ces gens défiler ensemble, des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes, des BCBG, des gothiques, des baba cools...Tous ensemble pour défendre le végétarisme.

Et puis, il y a eu d'autres fois... Où j'ai été choquée par la politique de militantisme des organisateurs de la VP. Dans leur manifeste, une phrase dit "nous sommes le miroir de votre mauvaise conscience". Au cours de la manif, certains slogans scandés sont franchement agressifs (du style "KFC, assassins!!" adressé aux gens qui mangent là, sur le parcours de la manif); d'autres ne permettent pas franchement aux omnivores de base d'évoluer dans leurs comportements. Je me rappelle qu'il y a quelques années, les gens criaient "industrielle ou bio, non à la viande!", et si je suis d'accord sur le fond (que l'élevage soit bio ou non, l'abattoir est toujours un lieu d'horreur), je trouve qu'il faut quand même marquer la différence entre le bio et l'industriel. Je trouve aussi que tout progrès (quelqu'un qui mangeait de la viande 10 fois par semaine et n'en mange plus que 3 fois; quelqu'un qui boycotte les produits industriels et n'achète que du bio) est à valoriser. Pour moi, il n'y a pas d'un côté des omnivores affreux et d'un autre des vegans très vertueux, il y a tout un continuum.

Les choix des organisateurs de la Veggie Pride sont aussi très critiqués dans le mouvement végétarien, parce qu'ils excluent franchement de la manif, et des stands, les gens qui seraient végétariens pour d'autres raisons que le respect animal. Là encore, je trouve cela totalement improductif. Dans mon association végétarienne, je me souviens d'un monsieur de 70 ans qui était devenu végétarien dans sa jeunesse pour des raisons de santé (il avait des problèmes de peau), et qui est ensuite devenu un militant des animaux. Il y a plein d'écolos aussi, qui sont séduits par le végétarisme, et rien n'empêche qu'ensuite ils visionnent des documentaires sur les conditions d'élevage et d'abattage des animaux, et qu'ils soient ensuite très convaincus aussi par cet aspect-là!

Bref, vous aurez compris que je n'adhère pas trop aux choix des organisateurs de la VP.

Mais tout de même, j'y ai participé hier, parce que je trouve qu'on y rencontre des gens drôlement sympas, on y retrouve les végés de France et de Navarre qu'on a déjà connus à des manifs, on y échange des idées, on y mange des choses trop bonnes... Ca nous donne la pêche pour un bout de temps!

Voici donc quelques photos de l'édition 2008:

Tout d'abord, la Veggie Pride, ce sont des messages variés, sur des supports variés:






(il paraît que ce monsieur vient d'assez loin, en Bourgogne je crois, chaque année, sur son vélo, pour manifester à la VP)




(on se dispute l'autorité de ce beau slogan, entre George Bernard Shaw et Marguerite Yourcenar)









La Veggie Pride, c'est aussi l'occasion de manger des choses végétaliennes super bonnes. Le repas de l'"after" était délicieux, mais je n'ai pas pu le photographier. Ci-dessous, des brownies et des cookies 100% végétaux (j'ai embarqué la recette, je vais pouvoir les refaire!):


Des livres pour enfants pro-philosophie végé:



Un moment pluvieux (devant le conservatoire des Arts et Métiers):



Et un moment rigolo (dans la rue Rambuteau):



Pour finir, le slammeur Veganesh. Beaucoup de présence, des textes subtils et percutants, j'ai bien aimé! Pour visiter son site, c'est par
ici!



par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Dimanche 11 mai 2008


Voici un article qui ne mange pas de pain! Mais qui vous permettra de manger... Des graines. En fait, des graines germées.

Mais qu'est-ce que c'est?

Ce sont des jeunes pousses. Vous connaissez sans doute les pousses de soja: des petites plantes, toutes jeunes. On peut faire germer toutes sortes de plantes: des céréales comme le blé, des légumineuses comme le soja ou les lentilles, des radis, du trèfle, de l'alfalfa (c'est un autre nom pour la luzerne, et ça a un goût très délicat).

Est-ce que c'est bon?

C'est joli, bon au goût, et particulièrement riche en protéines, vitamines, oligo-éléments... Les adeptes de l'"alimentation vivante" considèrent les graines germées comme un "super aliment", de quoi vous maintenir en forme et en bonne santé!

Et pourquoi ce serait bien politiquement de cultiver des graines germées?

Ce qu'on peut faire soi-même et qui échappe à la sphère marchande, ça nous rend plus autonomes; ça nous fait découvrir que les aliments n'arrivent pas tout seuls sur les rayons des magasins. Idéalement, c'est bien de cultiver un jardin, mais quand on habite dans un studio, on peut toujours... cultiver des graines germées dans un bocal!

Comment on fait?

On commence par faire tremper des graines sèches dans le bocal spécial graines germées, une nuit (mais le temps de germination dépend de l'espèce de plante). Ensuite, deux fois par jour, on mouille les graines, et on enlève l'eau superflue en renversant le bocal, qui a un petit système lui permettant de tenir oblique, l'ouverture vers le bas.

Combien ça coûte?

Le bocal coûte sept ou huit euros (en magasin bio). Après, on achète des sachets de graines. Pour 3 euros, on a des graines pour remplir 7 ou 8 bocaux. Ca ne coûte donc pas grand chose!

P.S. Le titre de l'article ne fait pas référence à une expression en usage chez les enfants, "t'es bête", "toi-même!!!", mais il est la traduction littérale d'une expression anglaise qu'on utilise souvent pour parler des choses qu'on peut faire tout-e seul-e, sans passer par le commerce.
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Lundi 28 avril 2008
Dans notre bonne campagne française, s'il arrive qu'on soit végétarien-ne, ou gay, ou lesbienne, il y a une vertu qu'on attend particulièrement de nous. La discrétion.
 
Qu'on fasse des choses bizarres dans notre cuisine ou dans notre lit, mais qu'on ne s'avise surtout pas d'en parler en famille, de se montrer heureux/se de ce qu'on est, de parler des bienfaits de notre mode de vie sur l'environnement (pour le végétarisme). A moins qu'on ne souhaite se faire taxer de prosélytisme aigu, voire d'exhibitionnisme.
 
Notre oncle pratique le tir à la carabine et s'étend à chaque fois qu'on le voit sur les joies de cette activité. Notre cousine a sa carte au PS et raconte ses expériences dans ce milieu. Notre grand-oncle tue des cochons et vante la qualité de la charcuterie qu'il fabrique avec la chair de ces animaux. Que de bien normal, toutes ces personnes parlent de ce qui leur tient à coeur.
Mais quand on est végétarienne, chhhhhhhhhhhhhhhhuuuuutttttttttttttttttttttttttttttt! 
Bouche cousue est mère de respectabilité.
 
Pour que notre végétarisme soit toléré, il conviendra que nous poussions délicatement, dans le coin de l'assiette, les morceaux de lardons qui se sont glissés dans la tarte aux légumes qu'on nous sert, sans en faire tout une affaire. Mais qu'on réponde au petit cousin qui s'interroge, qu'on ne mange pas les animaux parce qu'ils veulent vivre, tout comme nous, parce qu'on les fait souffrir beaucoup dans les élevages et les abattoirs, que lui ne mangerait pas son petit chien qu'il aime beaucoup; qu'on glisse dans une conversation sur Léonard de Vinci que le grand homme était végétarien, par conviction, et qu'on en profite pour ajouter que le président du GIEC, Prix Nobel de la Paix, l'est aussi pour des raisons écologiques, et que le végétarisme est l'une des manières les plus efficaces pour réduire son empreinte climatique, non et non! Si on ose se comporter ainsi, le verdict va tomber, implacable: vous, les végétariens, vous voulez imposer votre végétarisme à tout le monde. Vous êtes sectaires. Vous êtes intolérants. Vous êtes extrémistes.
 
De même, si on se trouve être attiré-e par les personnes du même sexe que nous (on va dire "sexe" pour faire bref), il vaudrait mieux ne pas en parler aux enfants, pour ne pas leur donner des idées. Ni aux personnes âgées (il ne faudrait pas les choquer). Si notre soeur ou notre frère se marie, en grande pompe, il serait préférable que notre compagne/on ne soit pas présent-e. Ou alors, en toute discrétion. Surtout, ne pas s'exhiber. Pas de geste d'affection, pas de mot doux, pas de déclaration explicite à autrui. Les mariés sont légitimes, les couples hétéros le sont, les couples homos doivent disparaître de la vue de tous. 
 
Heureusement, quand on vit dans une capitale comme Paris, on peut rejoindre des groupes de gens comme nous, et on peut manifester sa fierté d'être ce qu'on est. Je trouve que cela a un sens pour les minorités opprimées de s'affirmer ainsi. On peut dire "Je suis fière d'être noire"; "je suis fier d'être gay"; "je suis fière d'être végétarienne". Mais particulièrement, je crois, on peut être fière d'être végétarienne parce qu'à la différence de la couleur de la peau ou de l' attirance sexuelle, on a choisi de prendre cette position, suite à une réflexion qu'on a menée. On a choisi de se positionner contre une société qui instrumentalise les animaux sans aucun état d'âme, et on peut le dire la tête haute.
 
Parce qu'on a dû lutter contre les critiques incessantes des gens qui disaient qu'on allait finir anémiée, qu'on était moralisatrice, qu'on était irréaliste, qu'on cassait les pieds de ceux qui nous invitaient à manger...
Parce que par fidélité à nos convictions, on a subi les menus misérables des cantines pendant des années, une fois la viande et le poisson retirés, et en conséquence, le ventre qui gargouille, la faim qui travaille dans l'après-midi...
Parce que chaque jour, à chaque instant, on voit les autres, tous les autres, tout le monde, se remplir la panse de chair souffrante, maltraitée, des animaux de batterie qui en ont bavé toute leur vie, et que ça nous donne envie de pleurer en pensant à toutes ces pauvres bêtes, mais qu'on s'efforce de garder bonne figure parce que sinon, on sait ce qui nous attend: nous "transpirons la sensiblerie"; nous "prêchons comme des missionnaires"; nous "sommes aigri-e-s et désagréables"...
 
Pour toutes ces raisons, on a le droit de dire "je suis fière d'être végétarienne!". C'est un droit que nous devons revendiquer. Nous devons nous montrer, dire nos convictions, exprimer nos valeurs.
 
Justement, le samedi 17 mai 2008, à Paris, c'est la Veggie Pride, la manifestation de la fierté des végétarien-ne-s et végétalien-ne-s.  


(une photo de l'édition 2006)

Le rendez-vous est à 14h, sur la Place Joachim du Bellay. Et le soir, il y a une "after pride", dans un lieu encore inconnu!

Pour plus d'infos, c'est 
ici.  

J'y serai, et vous? 
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Mardi 8 avril 2008
Bonjour.

Je ne suis pas précisément en grande forme, c'est comme avant chaque période de vacances, bonjour le torticolis, revoici le mal de gorge et les poches sous les yeux... La fatigue, la lassitude... La vaisselle qui s'accumule, les papiers et les livres qui dégoulinent depuis le bureau dans tout l'appartement... J'ai aussi amorcé la création d'une section syndicale dans mon lycée, et pour le moment, je suis accablée par le volume des papiers que je devrais lire pour me tenir au courant de l'actualité militante... Qui a dit que les profs étaient des privilégiés?

Mais comme je sais que vous visitez régulièrement ce blog, je vous propose un article que je viens d'écrire pour la rubrique "Ecologie" du Rouge et Vert (le journal des Alternatifs).

Les végés n'y apprendront peut-être pas grand chose, quoique, les autres seront peut-être époustouflés par la force des chiffres... En tout cas, vous pouvez commenter, et faire circuler!

Le voici:

Pour préserver nos ressources, il faut manger… Moins bête !



 

 

La question de l’impact des différents modes d’alimentation sur l’environnement a déjà été soulevée au sein des Alternatifs, en particulier en préparation de l’Université d’Eté 2007. Mais jamais, jusqu’ici, les éléments objectifs du problème, en termes de consommation d’eau, d’émissions de gaz à effet de serre… N’ont été vraiment mis à plat, en des termes chiffrés et explicatifs. C’est donc l’objet de cet article : donner aux lecteurs/trices des éléments pour leur permettre ensuite d’opérer un choix éclairé.

 

Dans les milieux alternatifs, et même dans la société en général, l’idée qu’il vaut mieux consommer de la nourriture locale que de la nourriture qui a voyagé en camion à travers l’Europe est une idée assez bien acquise (on s’en rend compte avec le grand engouement actuel des médias pour les AMAP). Les raisons de cette préférence pour une consommation alimentaire locale sont liées à l’impact du transport sur le climat, mais aussi au fait que la nourriture locale provient souvent de plus petites structures, plus respectueuses des conditions de travail et de l’environnement.

 

Cette préférence pour le local, si elle est tout à fait fondée, n’en oublie pas moins une réflexion sur le mode d’alimentation : plus ou moins végétal, plus ou moins animal. Lorsqu’on consomme des légumes, ou des céréales, on consomme des aliments directement produits par la terre. Leur provenance est donc un indicateur précieux pour savoir ce que leur production a nécessité comme intrants chimiques, comme apport en eau, mais aussi quelle quantité de gaz à effet de serre elle a générés. Mais lorsqu’on mange de la viande, par exemple de la viande française, on ne pense pas nécessairement que pour produire 1kg de viande, il a fallu au préalable produire 10kg de céréales (ou légumineuses), pour nourrir l’animal dont on mange la chair[1]. D’une manière générale, les pays du Nord prélèvent ces céréales dans la production agricole des pays du Sud. Ainsi, les Européens importent par exemple 75% des protéines végétales qu’ils donnent à consommer à leurs bovins, du soja essentiellement, qui provient en grande partie de l’Argentine et du Brésil [2]. Donc, lorsqu’on consomme 1 kg de viande (même « locale »), on consomme indirectement 10 kg de protéines végétales importées. On ne consomme donc pas du tout local !

 

Si on souhaite rompre avec une tradition néocoloniale de ponction des ressources du Sud au profit du Nord, il est donc nécessaire de revoir notre consommation alimentaire, qui repose sur des rapports asymétriques entre les deux hémisphères. Notre mode alimentaire n’est pas généralisable à la planète, puisque pour que tout le monde consomme autant de protéines animales que les Français, il faudrait l’équivalent de 2,3 planètes en surface agricole [3] !

 

Considérons maintenant la question du réchauffement climatique. Un rapport produit par la FAO en novembre 2006 indique qu’au niveau mondial, l’élevage émet plus de gaz à effet de serre que le secteur des transports[4] ! Comment expliquer ce résultat qui perturbe nos idées intuitives, et tout le discours ambiant sur le sujet ? Premièrement, la nécessité de produire d’abord la nourriture pour les animaux pour pouvoir consommer ensuite leur chair, explique que l’élevage soit responsable de plus d’émissions de CO2 (dioxyde de carbone) que la production agricole végétale, par kg de nourriture produite. Mais ce qui explique principalement ce résultat, c’est la forte responsabilité de l’élevage pour les émissions de deux autres gaz à effet de serre, qui ont un potentiel de réchauffement bien plus important que le CO: le méthane (CH4), et le protoxyde d’azote (N2O). Cela signifie que lâchés dans l’atmosphère, ces gaz ne réchauffent pas également la planète. Ainsi, dans les années qui suivent sa production, 1 kg de méthane équivaut à 62 kg de dioxyde de carbone. 1kg de protoxyde d’azote équivaut à 110 kg de dioxyde de carbone ! Sur terre, ces gaz sont produits en grande partie par l’élevage : à 37% pour le méthane (fermentations dans les systèmes digestifs des bovins ; lisiers), et à 65% pour le protoxyde d’azote (engrais ; rejets organiques de l’élevage).

 

Ce bilan de l’effet de l’élevage sur le climat serait incomplet si on ne mentionnait pas le lien entre élevage et déforestation. L’un des motifs principaux de la déforestation en Amazonie est la volonté d’accroître les pâturages pour les bovins, qui a permis au Brésil, de devenir un premier exportateur de viande de bœuf indépassable : il exporte davantage que les deuxième et troisième exportateurs réunis, et ces exportations se font principalement en Europe[5]. D’après la FAO, l’explosion de l’élevage extensif en Amérique du Sud constitue une grave menace pour la biodiversité animale et végétale [6].

 

Voyons maintenant ce qui se passe du côté de la consommation d’eau. Les recommandations des programmes estampillés « développement durable », dans les écoles notamment, insistent souvent sur la nécessité d’économiser l’eau à la maison, de fermer le robinet quand on se brosse les dents ; de prendre une douche plutôt qu’un bain… Il s’agit d’une vision des choses étrangement borgne, puisqu’elle semble ignorer que la consommation d’eau, en France par exemple, provient seulement à 5% du secteur domestique, et à plus de 70% du secteur agricole[7] ! Comme pour les émissions de gaz à effet de serre, au sein de l’agriculture, cette consommation est en grande partie le fait de l’élevage. Ainsi, une plaquette présentée au 3ème Forum Mondial sur l’Eau, tenu au Japon en 2003, nous apprend que si le coût en eau d’un menu européen classique est de 12 030 L.[8], celui d’un menu végétarien est de 5 370 L. ! C'est-à-dire qu’entre les deux, la différence équivaut à presque 7 000 L. A titre de comparaison, une baignoire bien remplie contient 200 L. d’eau. En ne mangeant végétarien qu’à un seul repas, on économise indirectement l’équivalent de 35 bains !

 

De ces faits quantifiés et frappants, je crois qu’il faut tirer des conséquences. Tout d’abord, quoi qu’on pense du respect dû aux animaux, quelle que soit notre conception « éthique » de l’alimentation, il faut revoir notre conception de ce qu’est un repas « normal ». De même qu’on n’accepterait pas que chaque personne en France possède un 4x4, parce que c’est un comportement qui n’est pas généralisable à la planète, on ne peut pas plus continuer à croire que manger de la viande à tous les repas, c’est un comportement « normal ». Bien entendu, se nourrir est une activité très intime, qui mobilise nos habitudes, notre éducation, nos réflexes, et il n’est jamais facile de changer un comportement tellement ancré. Mais de même qu’on peut remettre en question le fait d’avoir une voiture, ou le fait, si on est un homme, de faire laver et repasser ses vêtements par sa femme, parce qu’on a réfléchi à ce que cela implique et qu’on ne l’accepte plus, on peut essayer de faire bouger ses habitudes alimentaires, vers moins d’animal, plus de végétal, et il s’avèrera sûrement qu’on trouvera cela très agréable !

 

Ensuite, quelles mesures proposer au niveau militant, politique, éducatif ? D’abord, en tant que groupe « rouge et vert », je crois que nous devons donner l’exemple par des pratiques vertueuses, présenter une certaine cohérence entre nos principes et nos modes de vie. Lors des rencontres alternatives, lors de l’Université d’Eté, ouvrir un espace à un autre mode d’alimentation, montrer que le sandwiche au saucisson n’est pas la seule manière de se nourrir. Au niveau politique, je crois qu’il faut revendiquer qu’un choix existe dans les lieux de restauration collective, que manger végétarien ne signifie pas se résoudre au riz blanc ou aux haricots verts ramollis. Mais qu’on puisse choisir entre un menu classique et un menu végétarien, savoureux, consistant, équilibré. C’est ainsi que le choix végétarien, pour un repas par semaine, ou par jour, ou pour toujours, sera facilité, et plaisant. Au niveau éducatif, il me semble que les principes diététiques enseignés dans les programmes scolaires doivent être revus, au regard des nouvelles avancées scientifiques. Non, on n’a pas besoin de manger de la viande ou du poisson à tous les repas, ni du lait d’ailleurs.

 

Ce ne sont que des pistes, qui demandent à être discutées, approfondies… Si le sujet entre davantage dans le débat public, je suis certaine que d’autres pistes pourront être proposées. Ce qui me semble essentiel aujourd’hui, c’est que l’information circule à ce sujet, car il s’agit d’une question encore trop ignorée, et largement taboue en France.

 

Pour avoir des informations diététiques et sur l’environnement, mais aussi des recettes :

www.vegetarisme.fr

Pétition pour la présence de menus végétariens en collectivité :

www.vegetarisme.fr/Asso/Actions/index.php?p=Petition.php

Pour débattre avec des végétariens (ou non) sur la question du végétarisme :

www.vegeweb.org

 

 

 

Le point de vue diététique

 

Dans les pays développés, les modes d’alimentation ont fortement évolué après la Seconde Guerre mondiale : la viande, qui était un plat d’exception, pour le dimanche et les jours de fête, est devenue la règle. Le discours diététique s’est adapté en conséquence : on a beaucoup dit que la viande était la seule source de protéines et de fer, et donc, qu’il était nécessaire d’en manger à tous les repas. On sait aujourd’hui que le régime végétarien apporte tous les éléments dont le corps a besoin (l’association céréales-légumineuses permettant de synthétiser toutes les protéines nécessaires, le fer étant présent dans de nombreux aliments). On sait aussi que l’excès de viande, notamment de viande rouge, et de charcuterie, augmente le risque de cancer, comme celui de l’estomac, et de l’intestin, ainsi que celui des maladies cardio-vasculaires. Diminuer sa consommation de protéines animales, cela est non seulement possible, mais en plus, bénéfique pour la santé.

(voir par exemple le dernier numéro de Sciences et Avenir, mais aussi la position de l’Association Américaine de Diététique, sur le site www.eatright.org)

 



[1] Il s’agit d’une moyenne, pour les élevages intensifs des pays industrialisés. Source : CRDP de Montpellier.

[2] Source : La Décroissance n°24, article de Marion Balestrat.

[3] Source : calculs d’empreinte écologique alimentaire.

[4] Source : http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html. On peut y consulter le rapport en ligne.

[5] Source : rapport des Amis de la Terre, Brésil.

[7] Source : Hoekstra AY et Chapagain AK, Water footprints of nations : water used by people as a function of their consumption pattern. Water Resource management, Springer Science and Business Media, 2007.

[8] Ce « coût en eau » prend en considération toutes les étapes de la production de la viande : production de la nourriture pour les animaux ; élevage des animaux ; abattoirs…

 

Au fait: si vous voulez découvrir le Rouge et Vert, on peut le lire en ligne, ici.

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Vendredi 28 mars 2008
Lecteurs, lectrices qui me connaissez bien, vous savez forcément que je suis végétarienne! Mais ce que vous ignorez peut-être, c'est qu'à la maison, je fais pire! Je mange végétaLien. Qu'est-ce que ça veut dire? Ca veut dire que je ne mange pas de produits comme le lait, le fromage, les oeufs (je précise pour les vegans qui me lisent peut-être que je mange du miel). Pourquoi donc, vous demandez-vous? Pourquoi, eh bien parce que la production de lait, d'oeufs, pour les animaux, ça n'est pas spécialement mieux que l'élevage pour la viande. Et de toute manière, les animaux qui produisent le lait et les oeufs, quand ils ne sont plus rentables, ils finissent à la casserole (par exemple, les steaks hachés de "boeuf", c'est bien souvent de la chair de vache laitière...). Ce que je refuse, puisque je suis végétarienne. Voilà pour le pourquoi.

Il reste le comment. Je constate souvent (et encore cette semaine, puisque j'ai tenu un stand à propos du végétarisme dans une fac) que les gens sont éberlués qu'on puisse se nourrir sans chair animale, et alors, sans produits animaux du tout, ils n'en reviennent pas! J'ai donc décidé, pour vous, lecteurs internautes, à mon retour de Biocoop, de faire un petit inventaire de ce qu'il y a à manger dans ma cuisine. Naturellement, je ne mange pas toujours la même chose, au fil des envies et des saisons, donc c'est un aperçu ponctuel, juste pour vous montrer que je ne suis pas en train de mourir de faim!

Allons-y.

Pour commencer, les fruits et légumes frais:


Sur cette photo, on voit: des oranges sanguines, des citrons, des pommes, des petites mangues sauvages, des avocats, de la mâche, des courgettes, des brocolis, un oignon, des pommes de terre, de l'ail frais... Et des graines germées que j'ai fait pousser. C'est un mélange: alfalfa, radis, trèfle.


Pour continuer, les bases de repas salés:



On y voit: des pâtes, du riz (rien que du bien classique); du millet, du quinoa (un peu moins classique); du côté des légumineuses, ce qui est donc ma base de protéines, des lentilles oranges, des protéines de soja (remplacent le hachis dans les pâtes bolognaises, dans la moussaka...), du tofu au basilic, des pois cassés, de la panisse (une spécialité de Nice à base de pois chiches, à faire frire et à servir avec du jus de citron et du tabasco), du kootu (un mélange de pois chiches et d'épices); mais aussi du jambon végétal, un rouleau de printemps aux légumes; et puis des algues: aramé, dulse.


Et pour finir, de quoi faire des bons petits dèj' et goûters:


Du pain aux graines de courge, du jus de pommes, du lait de soja au chocolat, une base de petit dèj' faite avec des graines germées, des spéculoos vegan que je compte utiliser pour une pâtisserie, du thé blanc à la framboise, de la margarine, de la confiture d'abricots, de la "Chocolinette", pâte à tartiner végétale avec noisettes et noix de cajou; de la Perl'Amande, pâte à tartiner aux amandes, des abricots séchés, du yaourt soja à la vanille, des flocons de sarrasin à faire gonfler pour un muesli maison, des biscuits à l'amarante pour mes récrés de dures journées de travail.


Voilà! J'aurais pu vous présenter aussi quelques aliments et condiments insolites: le fromage végétal "Sheese", les "pommes de câpre" assaisonnées comme des cornichons, les graines de lin, l'huile d'argane, le vinaigre de groseilles fait par mon copain Hub's, mais ce sera pour une autre fois!

Pour l'instant, je voulais surtout tordre le cou à l'idée que les végé seraient des ascètes, car en ce qui me concerne, je prends beaucoup de plaisir à manger, et j'aime beaucoup découvrir des aliments de toute sorte! J'espère que j'ai réussi à vous le montrer!


En guise de post-scriptum, mes nouvelles chaussures: elles sont sans cuir, et la semelle est en caoutchouc recyclé!


N'est-ce pas merveilleux?


par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Mercredi 30 janvier 2008

Assise dans le métro, les yeux plongés dans mon roman, je perçois dans mon champ de vision l’approche d’une grande forme au pelage sombre. Plus près, plus près… Sur le siège à côté de moi.

 

Ne pas lever les yeux. Ces bêtes-là, on ne sait pas de quoi elles sont capables.

 

Je lis. Je lis ? En vérité, l’idée de l’animal à mes côtés m’accapare. Un ours ? Un loup géant ?

 

Sans déplacer ma tête je laisse glisser mon regard vers la bête.

 

LA bête ? Son pelage, on dirait plutôt les pelages d’une multitude de petites bêtes accolés les uns aux autres. Mais alors ?...

 

Je lève le regard, toujours sans bouger ma tête. Et là, je vois, qui sort de ce pelage animal, de la peau humaine ! Ha ! Un être hybride ! Je sursaute et je replonge mon nez dans mon livre, bien, bien profond.

 

Mais la curiosité est trop forte. De la main qui ne tient pas mon livre, je me cramponne fermement à mon siège, j’enfonce mes ongles dans la moquette, et je tourne fermement la tête vers l’être paradoxal. De cette peau de bête, il sort… Une tête ! Une tête de femme blonde décolorée, avec un sourire satisfait. Aaaah ! Aaaaah ! L’effroi me glace. Mais alors, cette femme a dépecé toutes ces petites bêtes pour se mettre leur peau sur le dos ! Et moi, je suis… A vingt centimètres à peine d’elle ! Et si… Si elle sortait un couteau ?

 

Le métro s’arrête, les portes s’ouvrent. Je bondis de mon siège, et je me précipite en dehors du wagon. Je suis sur le quai. Elle ne m’a pas pourchassée ! La rame redémarre. Je regarde bien autour de moi, des fois qu'elle ait des complices. Je rase les murs vers la sortie.

 

Je sors dans la rue, perplexe, absorbée par mes pensées. Tiens, je suis à Montparnasse. Je me demande si j’ai rêvé. Est-ce qu’on me croirait si je racontais que j’ai vu une femme, vêtue des peaux de plein de petits animaux dépecés, cousues entre elles ?

 

Je traîne dans le quartier des cinémas. Je m’arrête devant une affiche.

sweeney-todd.jpg

Sweeney Todd ! C’est la sortie du film de Tim Burton cette semaine… A tous les coups, ils ont lancé une opération de promotion dans le métro, l’air de rien, comme ça, et cette femme habillée avec la peau d’animaux dépecés, elle devait y participer ! … A tous les coups, je devrais voir des tartelettes aux doigts de pied dans les vitrines des boulangeries ; tiens, je vais aller voir, d’ailleurs.

 

Ouf ! J'ai eu vraiment peur ! Mais maintenant je rigole, toute seule dans la rue, trop fort, ce Tim Burton ! Et elles ont de ces idées, les maisons de prod... Je suis éblouie.

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Dimanche 27 janvier 2008

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Ca y est, je l'ai entre les mains, ce livre brûlant qui scandalise tout le monde, enfin, surtout ceux qui ne l'ont pas lu.


Brève présentation: Un Eternel Treblinka, c'est un essai qui rapproche les élevages industriels, les abattoirs... Des camps de concentration. Toute personne, non végétarienne, j'ai envie de dire, qui entend parler de ce livre trouve tout de suite l'idée abjecte et répugnante. Et révoltante. Il s'agit, pense cette personne, de minimiser la souffrance humaine en établissant un signe "égal" entre souffrance humaine et souffrance animale.

Pour ce que j'en ai déjà lu, je crois que ce n'est vraiment pas l'idée de ce livre que de minimiser quoi que ce soit comme souffrance, bien au contraire.

D'abord, ce qu'il faut dire, c'est que l'auteur, Charles Patterson, est avant tout un historien. Et, précisément, un historien de la Shoah, qu'il enseigne à ses étudiants. Dans cette perspective, il a écrit Anti-semitism: the road to the holocaust and beyond, à propos des racines de la Shoah. Il a beaucoup appris, en Israël, de spécialistes du sujet, et de victimes rescapées des camps. L'objet du livre Eternel Treblinka, ce n'est pas de mener une élucubration tirée par les cheveux pour montrer en quoi les élevages industriels ressemblent aux camps de concentration, c'est de tracer des généalogies historiques aux pratiques de maltraitance humaine, en montrant comment bien souvent, les animaux servent de terrain d'expérimentation aux pires atrocités commises ensuite sur des humains.

C'est aussi de montrer comment, dans l'histoire humaine, des considérations naturalisantes sur les hiérarchies entre les êtres ont toujours justifié l'oppression, l'exploitation, la maltraitance. Histoire humaine occidentale, ai-je envie de dire, car la première partie du livre fait surtout état des penseurs gréco-romains, puis des philosophes chrétiens, jusqu'à Descartes. Pour cette pensée occidentale dominante, il existait une espèce bien supérieure aux autres, l'espèce humaine, qui avait la nature à sa disposition, et pouvait asservir toutes les créatures non humaines. Mais dans cette espèce humaine, il y avait aussi des êtres inférieurs: les femmes, les esclaves. L'idée était que, entre espèces ou au sein d'une espèce, les inférieurs existaient au bénéfice des supérieurs. Que les femmes étaient là pour assister l'homme, les esclaves pour le servir, les animaux pour le nourrir et le distraire. Il y a beaucoup, beaucoup de citations dans le livre de Patterson, d'Aristote, Cicéron, Saint Augustin, Saint Thomas d'Aquin, Descartes... Et le lien entre le traitement fait aux animaux et celui fait aux "sous-humains" semble souvent assez évident. Pour ceux et celles qui le souhaitent, je pourrai transmettre les citations de ces auteurs.

En attendant de revenir sur la suite de ce livre (vous n'avez pas fini de me lire là-dessus), voici une citation mise en exergue du premier chapitre, qui m'a beaucoup touchée. A vous de deviner quel est l'auteur, sachant que dans ses récits, qui se déroulent souvent dans un ex-pays d'Europe de l'Est, on voit fréquemment des anciens intellectuels devenus ouvriers de chantier pour avoir exprimé leurs opinions politiques un peu trop fort. J'avoue que cette semaine, je me suis quelque peu identifiée à ces personnages... Qui voudra comprendra.

En tout cas, voici la citation:


La vraie bonté de l'homme ne peut se manifester en toute liberté et en toute pureté qu'à l'égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l'humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau tel qu'il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci: les animaux.

Et puis encore une autre, du même auteur:

Tout au début de la Genèse, il est écrit que Dieu a créé l'homme pour qu'il règne sur les oiseaux, les poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme et pas par un cheval. Il n'est pas du tout certain que Dieu ait vraiment voulu que l'homme règne sur les autres créatures. Il est plus probable que l'homme a inventé Dieu pour sanctifier le pouvoir qu'il a usurpé sur la vache et le cheval. Oui, le droit de tuer un cerf ou une vache, c'est la seule chose sur laquelle l'humanité tout entière soit unanimement d'accord, même pendant les guerres les plus sanglantes.

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Mardi 22 janvier 2008

Attention! Ceci est de la publi-information.

DSCN0870.JPG


J'ai un problème avec la nourriture. J'ai toujours très faim, je suis souvent très fatiguée, et lorsque je rentre de la bibliothèque tous les soirs comme ce soir, je me pose moult questions pour savoir où va s'effectuer le compromis entre mon estomac en crise et mes principes politiques.

Un surgelé de chez Picard? Avec ce que ça coûte comme énergie de maintenir tout ça au froid?
Un menu à emporter de chez le Libanais? Vegan et délicieux mais avec moult barquettes en aluminium...
Une pizza du restau italien? Avec plein de fromage industriel de vaches exploitées sans complexe?

La douloureuse question du choix n'ayant pas été résolue, je monte ce soir tous les étages qui me ramènent dans mon luxueux et gigantesque studio (sous les toits de Pariiiiiis), et dans mon réfrigérateur à moitié vide, je trouve un paquet de seitan Lima, que je m'apprête à faire griller. Pendant que l'huile chauffe dans la poële, je goûte cru parce que j'ai quand même drôlement faim. Et là, je découvre que c'est drôlement bon! Pour ce dont je me souviens, on croirait à s'y méprendre du blanc de poulet froid. J'éteins la plaque et je mange mon seitan froid avec des cornichons.  Un délice. En plus c'est bio, vegan, hyperprotéinique. Pour info, c'est fabriqué avec le gluten de blé, et la recette a été inventée il y a bien longtemps... Par des moines zen.

Vous devez vous dire que mon existence est drôlement misérable pour que je n'aie que cette histoire de seitan à vous raconter, mais non! Je vous assure! 

Premièrement je veux couper la chique à tous ceux qui me disent que c'est bien compliqué de s'alimenter végétarien, que ça coûte cher... Blabla! Que du blabla pour ne rien changer à leurs habitudes!

Deuxièmement, les personnes qui me connaissent bien, comme par exemple mon frère qui s'appelle Ninou et qui est un drôle de Toc-Toc, savent à quel point la nourriture est importante dans ma vie. Je viens donc de vivre une expérience véritablement jouissive avec ce seitan.

En guise de post scriptum, je trouverais ça quand même chouette d'avoir une petite cantine coopérative végé en bas de chez moi, j'imagine de grandes marmites d'où on sortirait une nourriture colorée; il y aurait aussi des salades avec des graines germées... Il y aurait des bancs et des tables en bois comme au Country Life de Prague (mon meilleur souvenir de cette ville, un restau vegan tenu par les adventistes du septième jour)...

country-life.jpg

J'aimerais bien y aller dans cette cantine en bas de chez moi, je m'y sentirais bien, j'y lirais mon journal, ou bien je discuterais avec les gens en buvant un thé ou une Spelty. Il y aurait un coin avec des BDs, on pourrait aussi y organiser des débats politiques parce que les gérants seraient sympa et militants.

Malheureusement, quand je descends dans la rue en bas de chez moi, je ne vois qu'une quincaillerie fermée, une boucherie, un Pizza Hut, et un restaurant qui annonce sur un gros écriteau "BARBECUE"...


:-(

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Mardi 25 décembre 2007
Noël végétarien? Mmmmmmmmmm!

Aujourd'hui nous avons eu:

Apéritif avec des toasts au pâté végétal, tapenade, caviar d'aubergine. Ils étaient très jolis avec des petits morceaux de tomates cerises, des câpres, des écailleux au vinaigre, récoltés l'automne dernier sous les sapins, mais la photo s'est effacée.

Puis, avocats gratinés (c'est la main de mon frère; quelle main, n'est-ce pas!).

DSCN0837.JPG


Puis, assiette indienne avec riz, légumes au curry, et dhal.

DSCN0839.JPG

Puis, salade verte, avec plusieurs fromage franc-comtois (pas de photo).


Enfin, gâteau d'hiver, fond biscuité aux spéculoos et fruits confits, crème au rhum, nappage chocolat. Dessert végétaLien! Pas une once d'ingrédient animal. Recette trouvée chez Vegansfields.

DSCN0842.JPG
Les convives ont été très contents, le repas a été vraiment agréable.

L'occasion de reposer cette question fondamentale et éternelle:
Y a-t-il la MOINDRE nécessité de mettre des morceaux d'animaux dans nos assiettes??

:-/

par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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