Samedi 10 mai 2008
Lorsque ma tête est prise par de multiples activités et projets, je n'écris pas ici. Mon potentiel de pensée est occupé ailleurs.

En ce moment, je prépare une intervention pour le séminaire de ma directrice de recherche, sur le thème "La montée d'une conscience globale, 1945-1970". Je me demande comment on en est venu, dans cette période, dans le domaine académique, institutionnel, politique... à considérer l'humanité comme une entité unifiée, et comment on s'est posé de manière aiguë la question de son avenir (pour en arriver en 1971 au rapport au Club de Rome sur les limites à la croissance, et en 1972 à la Conférence de Stockholm sur l'environnement et le développement). Et j'essaie de répondre à cette question.

Je crois que mon militantisme et ma recherche académique communiquent, en un sens. La croyance que la pensée est agissante, est fondamentale. Ce que des scientifiques, des philosophes, ont écrit à un moment donné, sur la gravité de la situation environnementale, ça a eu des répercussions sur les mouvements activistes, et sur les décisions politiques (malheureusement pas suffisamment, mais l'histoire des idées n'aurait pas de sens si on ne croyait pas que les idées transforment le monde). Et aujourd'hui, ce que le mouvement militant, altermondialiste (dont nous, les Alternatifs, faisons partie) peut produire comme réflexion, et qui se diffuse dans des écrits, dans des conférences... je crois que ça agit aussi quelque part, de manière directe, ou indirecte. La prise de conscience est le préalable à l'action collective.

Je crois qu'une pensée construite sur le monde, sur la société telle qu'elle est, et telle qu'on la voudrait, est absolument essentielle pour toute transformation de cette société. En ce moment, je lis le livre d'Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom. J'espère bien écrire prochainement ici un article à propos de ce livre, mais présentement, je voudrais mentionner un point qu'il aborde: aux dernières élections présidentielles, le vide total de la pensée des deux candidats présents au deuxième tour. Leur recherche obsessionnelle des voix à la manière d'une entreprise qui cherche des clients en publicisant à tout va, et qui réoriente en permanence son offre en fonction de ce qu'elle perçoit être la demande de la population. Leur manque d'orientation réfléchie, solide, appuyée sur un système de pensée cohérent du monde. Je crois qu'aujourd'hui, ceux qui prennent les décisions les plus importantes pour le monde n'ont peut-être même pas ce système de pensée qui les empêcherait de faire des choix hautement nocifs, sur le plan social, et sur le plan écologique.

De quel monde voulons-nous? Quel est le sens de la vie individuelle et collective? Comme dirait mon ami Patrick, ces questions, il faut vraiment se les "colletiner" pour ensuite s'engager en politique, en gardant le regard fixé bien droit sur l'horizon, sans défaillir.
par Elodie Vieille Blanchard
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Commentaires

Alors tu es une universitaire !

Oh non, là je suis vraiment déçu...
commentaire n° : 1 posté par : Guy (site web) le: 13/05/2008 17:11:24
Rho Guy! Ben alors?

Je me traîne en sixième année de thèse, et vu ce que j'arrive à produire, je suis une bien piètre universitaire...

C'est grave, docteur?
réponse de : Elodie Vieille Blanchard (site web) le: 13/05/2008 19:32:27
Bah... Personnellement je suis en 4ème année tout court. Mais je n'aime pas du tout l'université !!!

J'ai failli arrêter au moins trois fois. J'ai cherché à m'échapper par tous les côtés. J'ai fini par me résigner à y rester jusqu'à ce que diplôme s'ensuive. On va dire que j'ai eu la "chance" de ne pas trouver autre chose au moment où j'aurais voulu. Donc j'y suis toujours...

Anonyme, froide, anti-pédagogique, bouffée par le capitalisme sauvage, anti-démocratique, l'université... on l'aura compris : j'aime pas !

Voilà pour le com' grognon du jour.
Guy

PS : mais on va dire qu'il s'y trouve quand même une ou deux personne(s) humaine(s) et intelligente(s), dont toi semble-t-il.
commentaire n° : 2 posté par : Guy (site web) le: 15/05/2008 17:42:34
Oh Guy! Tu me fais rougir! Tant de compliments!

Moi non plus je n'adore pas l'université, et pourtant j'en ai fréquenté un certain nombre, et dans des matières différentes...

Aujourd'hui, je fais ma thèse dans un petit centre de recherches qui est plutôt sympathique, et qui n'est pas du tout anonyme... Donc, de ce côté-là, ça va. En revanche, je trouve un côté "déconnecté" du monde, parfois, à la recherche, et le fait de bosser comme prof dans un lycée pour élèves handicapés moteurs (ce que je fais depuis trois ans), m'a donné un super coup d'énergie, et me structure beaucoup.

J'ai l'impression d'être de plain pied dans la vie, avec ces jeunes que j'aime beaucoup même s'ils me cassent parfois les pieds (élèves, si vous me lisez!!!), parce qu'ils sont vivants...

En fait, pour moi, c'est idéal de faire de la recherche à mi temps et d'avoir un boulot plus relationnel et énergique l'autre mi temps. Le souci, c'est que mon poste de prof est à temps plein, et que ma directrice de thèse aimerait bien que je bosse encore plus... Au secours, je sature!   ;-)
réponse de : Elodie Vieille Blanchard (site web) le: 15/05/2008 18:13:46

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