Samedi 1 septembre 2007
DSCN0513.JPG

Pour laver mes habits, je vais à la laverie en bas de chez moi. Je n’ai pas de machine à laver. Au départ, c’est plutôt pour me simplifier la vie, pour ne pas avoir à déménager cet équipement lourd quand je change d’appartement, et parce qu’avant d’emménager ici, je vivais dans une structure collective.

 

 

 

J’utilise la lessive « ECOVER » que j’achète à Biocoop et que je trouve très agréable, odeur douce, douce pour la peau (c’est ce qu’ « ils » disent sur la boîte). Les machines en bas de chez moi sont assez grosses, donc ça me permet de laver presque tout en même temps, à 30°. Ces machines sont des monstres métalliques, il n’y a pas marqué dessus « écolo-développement durable, catégorie A… », je ne crois pas qu’elles ajustent le volume d’eau à celui du linge.

 

 

 

Seulement, à la différence de celles qu’on achète aujourd’hui pour chez soi, et dans lesquelles tout est conçu pour durer peu de temps (il faut bien favoriser la croissance, tout de même), ces machines de la laverie sont construites pour durer. Quand on achète un appareil pour soi, on regarde en général la quantité d’eau ou d’électricité qu’on va utiliser. On préfère donc la machine à laver catégorie A, et  la voiture qui consomme peu d’essence. Mais on ne conçoit pas en général qu’il a fallu extraire divers matériaux pour la construire, et qu’il faudra bien traiter les déchets, ou les recycler, lorsque l’appareil sera fichu. Parfois il vaut mieux, en terme d’empreinte écologique, garder sa vieille voiture que d’en racheter une flambant neuve qui consomme moins. C’est ce même genre de raisonnement (considérer le processus de production d’électricité à sa source) qui invalide l’idée que le nucléaire permettrait d’éviter le réchauffement climatique : les centrales nucléaires, il faut les construire ; il faut transporter les combustibles nucléaires ; il faut de l’eau pour refroidir les centrales ; il faut traiter les déchets et pour cela, les re-transporter (parce qu’il n’y a que deux lieux de traitement au monde, un en France et un en Angleterre, et les déchets du monde entier y sont acheminés) ; il faut traiter tous les composants de la centrale quand on la démonte, ce qui coûte horriblement cher et utilise également de l’énergie.

 

 

 

De manière plus générale, et pour revenir à la laverie, utiliser des équipements collectifs, ça pose la question de savoir de quoi on a besoin pour soi, et de ce qu’on peut partager. On évoque souvent le cas de la perceuse, utilisée en moyenne une heure par an. C’est aussi le cas de la voiture, quand on vit en ville. Le système Caisse Commune, d’auto-partage, permet de circuler sans posséder une voiture « à soi », pour beaucoup moins cher puisqu’on n’a pas besoin d’acheter la voiture, de la réparer, de payer une place de parking… Le Vélib’, c’est la même chose pour le vélo. Tous ces systèmes sont privés. Ils sont écolos, ils sont aussi conviviaux (Libération écrivait que les bornes Vélib’ devenaient des lieux de drague parce que les nouveaux arrivants ne comprennent rien à comment ça marche ; les cuisines de la Cité U où je vivais étaient le meilleur moyen de se faire des amis…).

 

 

 

Aujourd’hui, on s’extasie devant un système comme le Vélib’, qui est géré par la mairie de Paris, mais complètement financé par le publicitaire Decaux. On oublie que le principe de mise à disposition d’équipements et de services collectifs, c’est tout simplement celui des services publics, qui sont bien mis à mal par la politique néolibérale de l’UMPS. Les politicards persuadent les gens que les fonctionnaires sont des parasites et qu’il faut les supprimer, mais quid de leur demander « Voulez-vous être bien soignés ? Voulez-vous que vos enfants reçoivent une éducation de qualité ? Voulez-vous avoir de bons transports publics ? ». C’est renverser le point de vue, et je ne suis même pas sûr que l’électeur-trice moyen-ne de Sarkonnard se soit demandé-e à quoi pouvaient bien servir les fonctionnaires dont on lui rebat les oreilles.

 

 

 

Je crois que les services collectifs sont les meilleurs moyens de rendre la vie agréable, parce qu’ils nous font nous rencontrer, prendre conscience qu’on appartient à la société humaine, et parce qu’ils ont un véritable potentiel dans la construction d’un monde plus écolo. A nous de savoir quel genre de société nous voulons.

 
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Je suis verte
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Calendrier

Décembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Album photos

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus