Jeudi 23 août 2007
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Je suis rentrée sur Paris en ce jour pluvieux de la fin d’août, pour me consacrer à plusieurs activités tournées vers l’avenir : continuer la rédaction de ma thèse en reprenant mes recherches à la BNF ; envoyer un dossier de « validation des services de non titulaire » au rectorat de Versailles pour que les choses que j’ai faites avant d’être prof dans le secondaire comptent pour ma retraite ; et me préparer pour l’Université d’Eté des Alternatifs.

 

 

 

Ce soir, je reçois de la « repéreuse de presse » de l’AVF[1] un article au ton pour le moins sombre : les populations d’abeilles sont en train de s’éteindre massivement, explique-t-il, et qui dit disparition des abeilles dit possible disparition de l’espèce humaine. Parce que les abeilles jouent un rôle indispensable en agriculture. Elles pollinisent plus de 80% des espèces de plantes. Les firmes agro-industrielles qui produisent quasiment toute la nourriture sur terre se targuent d’échapper à la dépendance de la nature, aux aléas du climat, du sol, avec leurs semences bidouillées et leurs produits chimiques. Mais c’est une image trompeuse ! Pour que les plantes fabriquent des graines, ce qui est le fondement de leur reproduction, il faut que des abeilles ou d’autres insectes pollinisateurs fassent leur travail !

 

 

 

La « biodiversité ». Les « écosystèmes ». Que de termes savants pour exprimer l’idée que dans la nature, tout dépend de tout. Les zones cultivées n’échappent pas à ces règles. Ainsi pour que l’humanité ait à manger, il faut que les populations d’abeilles soient bien vivantes. Lesquelles sont en grande menace aujourd’hui. Par quoi ? Par les OGM, peut-être bien. Ou par les pesticides. Ou par les bombardements électromagnétiques, dans une société qui use et abuse des équipements sans fil (une bonne manne pour le commerce, de vendre du wifi à des étudiants qui habitent dans des studios tellement petits qu’un fil permet de couvrir tout leur appartement, ou des portables aux petites collégiennes qui se font irradier le cerveau pour raconter leurs histoires à leurs copines et bouffent en même temps leur argent de poche alors que maintenant le téléphone fixe est quasiment gratuit).

 

 

 

J’écris ma thèse parce que je voudrais montrer comment un débat ouvert sur le bien-fondé de la croissance a été complètement digéré pour que trente-cinq ans après, on en soit au « développement durable » en bousillant toujours plus la planète ; je m’occupe de ma retraite parce que… Je me dis qu’un jour je serai vieille et qu’il faudra bien que j’aie de quoi vivre. Et je me prépare pour l’UE des Alternatifs parce que je crois qu’il est urgent qu’on préconise une écologie un peu plus radicale que jusqu’à présent, parce que ça ne peut pas attendre, et que j’espère m’impliquer dans ce projet.

 

 

 

Mais si Einstein ne s’était pas trompé en disant que sans abeilles, l’humanité ne tiendrait pas quatre ans ? Ca aurait un sens, de faire tout ça ?

 

 

 
 


[1] Association Végétarienne de France, ancienne Alliance Végétarienne.

 
par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Je suis verte
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