Vendredi 3 août 2007
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Article dédié à Anne V. et à Roland M.

 

Ce refrain, je l’entends dès que je propose que quelque part, à un moment donné, le menu soit végétarien.

 

Une fois, l’automne dernier, je discutais à la cantine de mon lycée avec une prof d’histoire-géo. Je lui parlais des conséquences de la consommation hyper carnée de nos pays occidentaux sur la planète, les 4000L d’eau du steak, le kilo de viande de veau qui fait pareil au climat que 220 km en voiture, les végétariens qui utilisent 7 fois moins de surfaces agricoles que les autres pour produire leur nourriture, bref, le blabla habituel qui parle de lui-même. Une prof d’histoire-géo, quand même. Je lui disais tiens, ça me semblerait bien qu’à côté du vendredi poisson, il puisse y avoir le jeudi végétarien, pourquoi pas ? Avec un steak de soja à la place du morceau d’animal, pas dur à préparer, et ça montrerait aux élèves qu’il n’y a pas une unique façon d’organiser un repas. Que m’a-t-elle répondu ? Mais on ne va quand même pas obliger ces pauvres élèves, qui de plus sont handicapés, à manger végétarien !

 

Cet été, en prévision de l’Université d’Eté des Alternatifs, j’ai essayé d’introduire cette idée, aussi : nous revendiquons la nécessité d’agir urgemment face à la crise écologique, alors, nous ne pouvons pas continuer à nous conduire comme si le changement climatique, et l’épuisement des ressources n’étaient que de vagues menaces risquant de nous affecter dans un futur lointain. Nos pratiques doivent être cohérentes avec notre discours. Là, j’ai sorti la conclusion du rapport de la FAO de novembre 2006, à savoir, que l’élevage est le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre au niveau mondial. J’ai proposé que les repas du soir soient végétariens. Il y a eu beaucoup de réponses enthousiastes, mais finalement ça ne va pas se faire, et pourquoi ? Parce qu’on ne va pas obliger les participants de l’Université à manger végétarien !

 

A ce refrain, une première remarque. Lorsqu’il n’y a qu’un seul menu, par définition, on oblige les gens à le manger (ou en tout cas à ne rien manger qui n’y soit pas, sauf s’ils apportent leur propre nourriture). Est-ce mieux, pour la liberté de la personne consommatrice, comme on le fait partout, dans mon lycée par exemple, d’obliger les gens à manger de la viande et des produits animaux tout le temps, que de les obliger à manger un repas végétarien ? Moi qui suis quasi-végétalienne, je perçois comme très choquantes les incantations des programmes scolaires à manger de la viande ou du poisson à tous les repas, et aussi des produits laitiers. On dit aux jeunes qu’ils vont tomber d’inanition s’ils ne se nourrissent pas comme ça. Une fois, alors que je répondais à une question de mes élèves de cinquième « non, je ne mange pas de viande, je suis végétarienne », mon élève Louis s'est exclamé « mais non, ce n’est pas possible, quand on ne mange pas de viande, on est tout dévitalisé ». Je lui ai répondu « comme tu le vois, je suis mourante. Tu as tout à fait raison. ». Donc, je trouve qu’il y a une quasi obligation dans notre société à manger des produits animaux tout le temps, d’abord parce qu’on nous dit que c’est nécessaire pour la santé, ensuite parce qu’il n’y a pratiquement pas d’alternatives. Dans beaucoup de restaurant, les plats végétariens se résument à des salades du style « laitue tomate maïs ». Drôlement nourrissant !

 

Donc, à chaque fois qu’on m’a répondu « mais on ne va pas les obliger à manger végétarien ! » j’aurais dû répondre « c'est vrai, il vaut mieux les obliger à manger de la viande ! » mais ça ne m’est pas venu à l’esprit. Ma copine Nat, elle, quand on lui demande pourquoi elle est végétarienne, répond à la personne en face « Et toi ? Pourquoi manges-tu de la viande ? ». J’en déduis en tout cas qu’on perçoit comme une « obligation » ce qui n’est pas dans les habitudes. Ce qui est la norme, le quotidien, on ne le perçoit pas comme une obligation. Juste comme quelque chose de naturel. C’est la même chose lorsqu'on craint que les couples homos, en montrant un modèle homo à leurs éventuels enfants adoptés, leur imposent ce modèle. Comme dit ma copine Marie, crainte légitime, parce que c’est exactement ce que la grande majorité des couples hétéros font: présenter leur modèle comme le seul, l'unique, le meilleur. Mais là, ça ne choque pas, parce que c’est la norme.

 

Dans tout ce qui précède, je n’ai évoqué que la « liberté » ou la « contrainte » de la personne qui consomme. Mais dans mes propositions de menus végétariens, à chaque fois il y avait une prise en compte de ces concepts dans un cadre bien plus large : envisage-t-on la « liberté » ou la « contrainte » des animaux lorsqu’on mange de la viande ? Celles des habitants des pays du Sud qui utilisent leurs surfaces agricoles pour produire les céréales que les animaux de nos pays vont manger, afin que nous les mangions à notre tour ? Celles des gens qui naîtront plus tard dans un monde qui aura beaucoup, beaucoup de problèmes à cause du changement climatique ?

 

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par Elodie Vieille Blanchard publié dans : Vive la vie veg
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Mercredi 1 août 2007

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C'est un homme politique, qui se présentait à une élection importante, en 1979. Ces citations sont de lui:

« Pour enrayer la nouvelle vague terroriste, nous prendrons des mesures extrémistes. Nous imposerons le retour à l’ordre, si l’on ne peut pas vivre dans la concorde. Nous mettrons la capitale sous la loi martiale. »

 

« En ce qui concerne la pénurie d’énergie, vous connaissez déjà ma stratégie : quand nous aurons vidé le fond des mers, nous serons prêt à vivre ailleurs que sur terre. La prochaine capitale sera une station spatiale. »

 

« Cessons de nous ruiner pour le Tiers monde, qui nous remerciera bientôt avec des bombes. Assurons d’abord notre survivance. Je suis pour l’Occident l’homme de la dernière chance. »

 

« Nous bâtirons le nouveau monde atomique, où l’homme ne sera plus esclave de la nature. Laissons le passé aux nostalgiques, vivons l’aventure du futur. »

Mais qui est donc cet avocat d'une droite décomplexée [1], raciste et technophile?

Une interview complète de ce personnage à l'adresse ci-dessous vous donnera la réponse
(vous apprécierez sa relation avec la journaliste qui l'interroge):
http://www.paroles.net/chansons/16111.htm

 

 



[1] Quand on lui demande « pauvreté », il répond « liberté » (voir interview)

 
par Elodie Vieille Blanchard
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Mercredi 1 août 2007
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Hier soir, j’ai loué « L’Equipier » de Philippe Lioret. C’est un film qui se passe sur une île bretonne, et qui raconte l’arrivée d’un homme comme gardien de phare, qui va se lier très fort avec son collègue de phare, Yvon, et tomber amoureux de la femme de ce collègue.

 

Cet homme qui arrive –il s’appelle Antoine-, toute l’histoire s’attelle à nous le montrer comme un homme bon (on comprend à la fin qu’il y a une zone d’ombre dans son passé, et que ces deux aspects de lui-même sont à prendre ensemble). Il parle toujours bien aux hommes qui l’agressent (et ça n’a pas l’air tellement facile de débarquer sur cette île de vieux revêches quand on n’est pas Breton). Il choisit de travailler à la conserverie de sardines pendant ses jours de permission du phare, et se retrouve la risée de tout le village (c’est un travail de bonnes femmes !). Enfin plutôt des hommes du village, parce que les femmes, elles le trouvent plutôt charmant, et raffiné (il a de la culture, il n’est pas macho).

                

Sur le phare, il fait la connaissance du chat Banco, qui est réputé pour être un peu sauvage, pas facile à apprivoiser (c’était le chat du gardien qui vient de mourir, et qu’Antoine remplace). Mais le chat, qui est réceptif aux bonnes ondes d’Antoine, vient tout de suite se frotter dans ses jambes.

 

Bref, cet Antoine, il est sympa avec tout le monde, et tout le monde l’aime.

 

Il y a une première scène qui m’a choquée. Antoine et Yvon sont sur le « balcon » du phare, et ils préparent des casiers à crabe à descendre au bout d'une corde. C'est-à-dire, des sortes de paniers en osier où ils mettent des morceaux de poisson (donc, des morceaux d’animaux), pour appâter des crabes (une autre sorte d’animaux, qu’ils vont manger). A un moment donné, le chat entre dans le panier d’Yvon sans qu’il s’en rende compte, et Yvon commence à descendre le panier. Soudain Antoine s’en rend compte, et crie. Quelle horreur ! Ils ont failli tuer le chat par erreur ! Ils sont complètement effrayés, et « heureusement », ils parviennent à remontent le panier avant que le chat se retrouve dans la mer. Banco a eu très peur, mais pas de mal.

 

Une deuxième scène m’a beaucoup choquée. On voit Antoine qui pêche depuis la cuisine du phare, par la fenêtre, parce qu’Yvon lui a demandé d’un ton bourru de ne pas sortir la canne à pêche de cette pièce : c’est celle de l’ancien gardien... C’est le matin, l’autre se lève pour le café, il y a du soleil qui rentre par la fenêtre du phare ; bref, une scène de bonheur quotidien. Antoine réussit à pêcher deux gros poissons qu’il met dans un seau, et avec lesquels le chat vient jouer. A chaque fois que l’image porte sur le seau, on voit d’un côté le chat (un petit animal mignon qui s’amuse), et de l’autre les poissons. Les joues de l’un des poissons se soulèvent. Il est en train d’étouffer dans l'air. Mais dans cette scène, on le voit vraiment comme une chose. Pas de problème, qu’il agonise, puisqu’un poisson, on sait bien que c’est de la nourriture. Tandis que le chat, lui, c’est un compagnon, il faut lui faire attention…

Il y a vraiment deux catégories d'animaux dans notre société, qui se fondent sur des critères absolument culturels: pourquoi mange-t-on le lapin, et pas le chat? Pourquoi chouchoute-t-on le chien, et pas le cochon? 


Spécisme, quand tu nous tiens !

par Elodie Vieille Blanchard
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