Une affiche de propagande électorale de l'Antiquité (on n'y voit rien, mais si on y voyait, les trois lettres finales derrière le cache de protection, "ONF", signifient en latin "Votez
pour")...
Et une affiche du vingt-et-unième siècle, de franchement mauvais goût. "Italia dei Valori", je suppose que c'est un parti de droite (même si à mon avis, c'est bien à gauche que se trouvent les
vraies valeurs, la solidarité, l'égalité, la liberté - pas celle du renard dans le poulailler...).
Une commune engagée:
Un paysage à couper le souffle:
De quoi se nourrir pacifiquement et en couleur:
Et, pour finir, un petit personnage local particulièrement charmant et accueillant:
Bonjour, vous allez bien après tout ce temps? Me voici de retour à Paris, prête à me remettre au travail, à me refaire presser comme une orange qui irait de
pressoir en pressoir, jamais suffisamment vidée de son jus, et prête à réaccueillir sous mes yeux ces chères poches qui s'en étaient allées, sans doute elles aussi en vacances...
Je trouve dans ma boîte aux lettres les professions de foi des diverses listes de mon arrondissement, et ma carte d'électrice parisienne. Etant candidate dans le
13ème et inscrite dans le 14ème, je ne peux même pas voter pour ma liste! Un comble tout de même! Me voici donc perplexe. Quel bulletin vais-je mettre dans l'urne demain?
Celui de l'ancienne conseillère de Chirac, mère de quatre enfants, qui avec le serre-tête qu'elle porte sur la photo, semble tout à fait digne de la famille Le Quesnoy? Celui du maire du
quatorzième, qui pose sur l'affiche à côté de Bertrand Delanoë, une tête de moins, tel le petit frère épaulé par son aîné?
Bon... Je ne vais pas faire semblant de mettre en scène des hésitations qui ne sont pas les miennes. Pour dire vrai, j'hésite entre les Verts et la LCR.
Avant de lire les professions de foi (oui, je lis les professions de foi! Pas vous?), je penchais clairement pour les Verts. Il faut dire que l'attitude de la LCR parisienne, qui a refusé de
s'associer à nous pour fonder des listes communes dans les arrondissements, sous prétexte que notre Jean-François avait pactisé avec l'ennemi en occupant un poste d'adjoint dans une municipalité PS, pendant une
mandature, et qu'il leur était inconcevable de soutenir une telle tête de liste ; l'attitude de la LCR donc, m'était apparue franchement sectaire, et je n'avais pas envie de voter pour eux.
J'avais vu que Bové soutenait la liste des Verts, et aussi Pierre Rabhi. Et aussi Renaud. Renaud, qui s'engage depuis plusieurs années, financièrement et personnellement, contre la corrida. Ce
que je ne trouve pas suffisant (tous les animaux sont dignes de considération!), mais tout de même, très respectable!
Je me disais aussi que voter pour la LCR, ça ne servait à rien, parce qu'ils n'auraient pas de conseillers municipaux, alors que les Verts en auraient. Que les Verts avaient déjà pris des mesures
concrètes dans mon arrondissement, par exemple, pour limiter l'implantation des antennes relais. Et que voter pour eux, c'était leur permettre d'obtenir plus de conseillers, et les doter d'un
poids plus important. Je me disais aussi qu'au niveau local, le "social libéralisme" des Verts, ça n'impliquait pas grand chose (je ne voterais par exemple pas pour les Verts aux élections
européennes, pour qu'ils aillent ensuite voter des directives néolibérales).
Mais ce soir, j'ai tout de même lu la profession de foi de la LCR, et il y a plusieurs choses dedans que je trouve pas mal. Le discours sur le contexte politique général, déjà, très clairement
radical, 100% à gauche. Ben oui, forcément. Mais aussi, localement, l'exigence de la remunicipalisation de l'eau (si ce n'est pas de l'antilibéralisme, ça!). Et puis la municipalisation des
Vélib', qui aujourd'hui sont financés par un publicitaire, et donc dépendants d'une entreprise dont le but principal est d'inciter à la consommation. Et puis, je cite, comme proposition, "Une
politique écologiste développant les transports en commun et supprimant petit à petit la voiture". Si ce n'est pas clairement exprimé, ça!!
Mais si je vote pour la LCR, à quoi cela peut-il bien servir (voilà que je m'interroge en ce moment-même, en rédigeant cet article...)? Si la liste fait moins de 5%, elle ne pourra pas fusionner
avec une autre en vue du deuxième tour. Elle ne pourra pas non plus recevoir d'argent pour se dédommager de ses frais de campagne. Donc, j'ai envie de dire, mis à part le soutien symbolique, ça
ne servira à rien. Je sais bien que ce n'est pas en raisonnant comme ça que les petites listes arriveront à obtenir des scores honorables, et qu'on sortira enfin du bipartisme. Mais je crois que
si je trouvais la LCR moins sectaire, je ne me poserais pas de question et je voterais pour sa liste. Si je voyais une liste aussi bien que celle-ci, avec des gens à l'air aussi sympathique, et surtout, qui ont vraiment l'air de former une équipe, réunie autour d'un
projet collectif, je n'hésiterais pas à voter pour elle.
Après tout ça... Je crois bien que je vais voter pour les Verts.
... Mais si vous avez des arguments susceptibles de m'éclairer, avant demain après-midi, allez-y, commentez! C'est aussi pour débattre que ce lieu existe!
Première nouvelle: la campagne municipale de la Gauche Alternative, à Paris, est lancée. Pour avoir des infos sur ce qui va s'y dérouler, c'est ici.
Deuxième nouvelle, non moins importante au point de vue personnel:
c'est les vacances!
Et avec elles, pour moi, la volonté de rompre avec une vie productiviste, un emploi du temps surrempli et quadrillé par les occupations, non dans le domaine de
la production de biens, mais dans celui du travail intellectuel, et du militantisme.
Je tente de mener plusieurs démarches à la fois. Je suis prof, et j'essaie de rendre mon enseignement le plus utile possible pour les élèves (ce qui implique
différentiation, donc préparation multiple d'activités, de devoirs...). Je suis doctorante, et j'essaie d'avancer dans ma rédaction. Je suis militante, et je voudrais être plus présente, sur plus
de terrains. Je tiens un blog, et je ne cesse de penser aux articles que je pourrais y écrire. J'ai même pensé à créer une rubrique, tiens, comme dans Charlie Hebdo, "Les articles auxquels vous
avez échappé cette semaine". Ben oui, en germe dans ma tête, il y avait quand même un article sur "Ce que Foucault aurait pu écrire sur la corrida", un autre sur "Une journée dans la vie d'un-e
hermaphrodite", un autre sur "Ce que ça veut dire d'être de gauche, dans sa façon d'être en relation aux autres", un autre sur "L'utilité des outils philosophiques pour fonder ses positionnements
au monde et les justifier"...
Et je ne les écris pas. Pourquoi? Parce que pour tenir toutes mes activités ensemble, je suis obligée de planifier mon emploi de temps d'une façon qui devient
insupportable: le matin, compter combien de minutes me sont disponibles pour manger, faire une croix sur mon petit déjeuner pour ne pas rater le train qui m'emmène au travail; profiter de mes
instants d'attente à la laverie pour lire Michel Foucault pendant que mon linge s'essore; prévoir de voir mes amis "le vendredi dans dix jours, parce qu'avant j'ai des trucs prévus tous les
soirs"; et du coup, rentrer du travail et m'endormir sans crier gare; attraper une contracture musculaire...
Bref, j'en ai marre de cette vie-là. J'en ai marre aussi de tenir une position politique "antiproductiviste", qui met la qualité de vie au premier plan, et de
faire le sacrifice de tout ce qui m'est personnel pour essayer de mener toutes mes activités de front. En politique, il faut faire ce qu'on dit, mais pas seulement lorsqu'il s'agit de recycler
ses déchets ou de boycotter les transports aériens. Aussi pour rendre son existence digne de l'idée qu'on se fait d'une vie la plus riche et heureuse possible. Et parce qu'une militante fatiguée
et dans l'abnégation n'est sûrement pas une bonne militante.
Je vais partir en vacances, demain soir, en train de nuit vers une contrée ensoleillée, et j'en suis fort heureuse. Je vous souhaite de très bonnes
vacances à tou-te-s.
J'emporte dans mon sac un roman rencontré mardi dans une jolie librairie qui borde le Marché des Enfants Rouges, dans le Marais, et
qui a su me séduire au premier coup d'oeil. Il parle d'un homme sévère, prof de langues anciennes, qui décide brusquement de rompre avec sa vie monotone, à Berne, et qui s'embarque dans un train
de nuit pour Lisbonne, à la recherche d'un poète mystérieux qu'il vient de découvrir.
Je vais finir par croire qu'il n'y a pas de hasard dans les rencontres...
:
Ce blog est né de mon envie de m'exprimer sur mes colères, mes réflexions, mes idées, mon envie d'un autre monde, dans le futur pour tous? Mais aussi ici et maintenant, pour celles et ceux qui le choisissent...
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