Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 23:36

Je ne viens plus sur ce blog, qui est maintenant complètement envahi par la publicité (c'est vraiment moche!).

Il m'a beaucoup apporté, j'ai aimé y écrire, je m'y suis amusée, mais il correspond à une période de ma vie révolue.

J'espère maintenant pouvoir m'exprimer ailleurs, autrement, même si je ne sais pas quelle forme ça pourra prendre.

Au revoir!

Par Joséphine Trouillot
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 11:16

Je suis horripilée par tous ces grigris électroniques qui nous envahissent, ça me met hors de moi. Où que j'aille, j'ai l'impression de ne pas pouvoir leur échapper. Je donne mes cours et les téléphones de mes élèves sonnent et vibrent. Je vais au ciné, et la lumière intermittente du portable de ma voisine, qui n'arrête pas d'envoyer des textos, me perturbe. Je prends le TGV et la passagère à côté de moi ne cesse de bidouiller sur son portable, m'arrosant généreusement de ses ondes (10V/m. dans une cage de Faraday comme le train, tout de même). Bref, je me demande bien comment faire, et pourquoi il n'existe absolument aucun cadre juridique pour protéger des ondes celles et ceux qui n'en veulent pas. Je me demande si un jour il y aura des wagons sans ondes, si un jour on interdira les ondes dans les services publics et dans les bars, comme on l'a fait pour la cigarette... On peut toujours rêver.

 

Je me souviens d'une époque pas si lointaine où nos rapports sociaux étaient bien différents. Où on s'arrangeait pour être à l'heure lors d'un rendez-vous, où on pouvait trouver des lieux sûrs et pas chers pour passer nos appels (ça s'appelait "les cabines téléphoniques"), où quand on sortait avec ses amis, on n'était pas en permanence dérangé-e par des sonneries et des conversations qui ne nous regardent pas. 

Je me souviens que lorsque j'ai commencé mes études, je n'avais pas le téléphone. Dans ma classe de prépa il y avait un camarade petit bourgeois qui avait chez lui non seulement un téléphone, mais même un répondeur! On trouvait ça incroyable. Vraiment, la frime. 

Je me souviens qu'en 1998, les parents de mon meilleur ami, qui étaient commerçants, avaient acquis un drôle de téléphone avec une petite antenne, qu'ils gardaient dans leur voiture pour les livraisons. Je ne me sentais pas concernée. C'était un outil professionnel.

Et puis petit à petit, j'ai vu tou-te-s mes ami-e-s s'équiper. Ca me coûtait cher de les appeler depuis un fixe... J'ai résisté un certain temps, jusqu'en 2004. En 2004-2005, j'ai déménagé quatre fois, et j'ai acquis un portable. Je suis devenue accro... Je l'emportais partout avec moi, je le laissais allumé tout le temps, même la nuit. J'ai cédé aux attraits du grigri affectif, j'aimais bien appeler mon frère à la sortie du travail pour lui raconter mes tracas... 

 

En 2006, j'ai découvert avec effarement qu'il y avait une antenne-relais sur le toit de mon lycée, qui accueille des élèves à partir de la maternelle, handicapés pour la plupart, et dont certains passent toute la semaine sur place, nuit comprise. J'ai mené une campagne efficace pour demander le retrait de cette antenne, et presque tous les profs m'ont suivie. J'ai contacté les Robins des Toits, j'ai lu le livre de leur avocat, et j'ai été assez effarée de découvrir à quel point on savait des choses sur les dangers de cette technologie, et à quel point les pouvoirs publics étaient timorés en la matière. A l'époque, j'ai compris que s'il y avait de plus en plus d'antennes-relais, c'est parce que les gens téléphonaient de plus en plus, et aussi parce que de nouvelles fonctionnalités s'annonçaient sur les portables, comme regarder la télé ou surfer sur Internet.

Surfer sur le web! On se disait à l'époque qu'il fallait vraiment être dépendant d'Internet pour vouloir le faire, et que c'était criminel d'imposer des antennes sur le toit des écoles pour une occupation aussi futile... Ca paraissait presque de la science fiction.

En ce qui me concerne, j'ai réduit à l'époque mon forfait au plus petit qui existe, et j'ai commencé à éteindre mon portable presque tout le temps, pour ne consulter mes messages que quelques fois par jour. Je pense que je ne suis pas allée jusqu'au bout et je me pose beaucoup de questions: est-ce qu'il est facile de se passer d'un équipement quand tout le monde en dispose et quand tout le monde attend de nous qu'on en dispose? Par exemple dans le cadre professionnel et militant. Je n'exclus pas de laisser complètement tomber le portable, ou en tout cas de passer à la Mobicarte (ça existe encore?).

 

Aujourd'hui, en 2011, presque tout le monde autour de moi est équipé d'un "smartphone", et ce, y compris dans mon milieu militant qui s'affirme anticapitaliste et écologiste. Presque tout le monde joue le jeu d'une technologie qui s'est imposée sans débat public, voire même au mépris des lois en vigueur. D'une technologie qui repose sur des matériaux extrêmement polluants, fabriqués le plus souvent dans des conditions sociales infâmantes, à l'autre bout de la planète. D'une technologie qui nous empêche d'être ensemble, d'être complètement ensemble, puisqu'à tout moment peut faire irruption une conversation qui n'a rien à voir avec l'instant présent.

J'aimerais bien qu'on commence à discuter du sujet dans l'espace politique. Parce que cette technologie est tout sauf neutre. Parce que la cautionner, ou non, ce n'est pas anodin. J'aimerais bien que sur des sujets très précis comme les ondes ou la consommation de viande, les politiques se mouillent. Parce que les grands discours sont faciles mais que les engagements sont difficiles.

Chiche?


Par Elodie Alter - Publié dans : Je suis verte
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 09:50

Depuis une semaine, les médias qui traitent de l'affaire Strauss-Kahn se focalisent essentiellement sur les rebondissements concernant le sort du personnage: sera-t-il inculpé? L'autorisera-t-on à quitter la prison? Parviendra-t-il à louer un appartement où il pourra vivre en liberté surveillée?

Rarement, ces médias se préoccupent de la victime présumée, et encore plus rarement, ils s'appuient sur cette affaire pour poser la grande question de la domination des hommes sur les femmes. Car c'est bien de cela dont il est question: que Strauss-Kahn soit coupable ou non des faits qui lui sont reprochés présentement, il est en tout cas avéré qu'il a usé de fortes pressions sur des femmes qu'il prétendait "séduire" (quel euphémisme de parler de "séduction" pour désigner les faits en question!). La journaliste Tristane Banon l'accuse d'agression sexuelle; l'économiste hongroise Piroska Nagy a déclaré que cet homme était si porté sur le harcèlement qu'il n'était pas apte à travailler avec des femmes dans le cadre du FMI; la députée socialiste Aurélie Filipetti a fait savoir qu'il était si insistant qu'elle évitait toujours de se trouver dans la même pièce que lui. Quant à Kristin Davis, une ancienne "mère maquerelle" new-yorkaise, elle a raconté à la presse qu'à plusieurs reprises, des prostituées envoyées à Strauss-Kahn lui sont revenues meurtries par la violence et l'agressivité de l'homme.

Rares sont les personnes politiques qui ont abordé l'affaire en termes de domination masculine. Il n'y a qu'à écouter l'ancienne secrétaire aux droits des femmes du Parti Socialiste, Michèle Sebban, qui prend fait et cause pour Strauss-Kahn, pour se sentir affligée par l'état du "féminisme" au sein de ce parti. Dans ce monde sexiste, les prises de position de Clémentine Autain font figure d'exception. Elle est l'une des seules personnes politiques à avoir dénoncé le caractère ordinaire de la domination masculine, et son omniprésence.

Dans un débat qui l'a impliquée récemment, ainsi que Daniel Schneidermann, ce dernier a mis en avant le caractère de "dragueur lourd" de Strauss-Kahn, qui aurait sévi auprès de deux de ses amies, en les harcelant de textos et de mails alors que les deux personnes ne se montraient pas du tout intéressées. Ce à quoi un intervenant du débat a répliqué, choqué: confondre drague lourde et agression sexuelle! Mettre sur le même plan un séducteur et un criminel!! 

Ce point de vue, qui est omniprésent dans l'opinion générale, et auquel Clémentine Autain a réagi de manière vive, me semble très bien témoigner de la profondeur de la domination masculine, qui est tellement prégnante qu'on en vient à ne plus l'identifier, et de la très grande difficulté des hommes à saisir le vécu des femmes. Cette domination se manifeste dans la sphère politique, certes, sphère par excellence des rapports de pouvoir, mais aussi au travail, dans les études... Elle assure au féminisme encore de beaux jours... 

En ce qui me concerne, je n'ai jamais été violée, mais j'ai été victime à deux moments de ma vie de harcèlement (peut-être devrais-je dire "drague lourde"?), de la part d'hommes qui étaient en situation de domination par rapport à moi. Aucun d'entre eux n'a fait pression sur moi physiquement, mais leur attitude à mon égard a provoqué un malaise tenace, psychologique et même physique, que je n'ai réussi à dissiper qu'en me mettant en situation de retrait. Car, je dois l'avouer, bien que féministe, je n'ai pas eu le cran de dire à ces hommes vraiment ce que je ressentais, d'exprimer ma colère et mon indignation. Peut-être que du point de vue des hommes, une "drague lourde" n'a rien à voir avec du harcèlement. D'ailleurs, si je ne me suis pas plus fortement mobilisée contre ce qui me mettait très mal à l'aise, c'est sans doute parce que la première fois, j'étais très jeune, et que la deuxième, par empathie, je me suis efforcée de me mettre à la place de l'homme en question. Les deux fois, je me suis dit que la personne ne devait pas se rendre compte des effets de son comportement.

Je ne suis pas très contente de me comporter ainsi. Moi qui me sens profondément féministe, et qui n'ai pas été élevée de manière sexiste, je ressens comme une profonde marque de la société sur moi, le fait de me replier sur moi-même en telle situation, plutôt que de protester haut et fort. La société a vraiment fait de moi une femme, je me dis. Ce qui est sûr, c'est que je me trouve dans cette situation une troisième fois, je ne me laisserai pas faire. L'affaire Strauss-Kahn aura au moins servi à ça.


Un rassemblement est organisé demain à 17h, à côté du Centre Pompidou, Place Igor Stravinsky, contre le sexisme qui s'est exprimé en France à l'occasion de l'affaire Strauss-Kahn. On peut également signer une pétition. 

Par Elodie Alter - Publié dans : Genre et féminisme
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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 21:30

Trop occupée que j'étais à manger de la soupe, beaucoup de soupe avec mes colocataires, à lire des bandes dessinées de Tardi (ah, Le Secret de l'Etrangleur!) et (aussi un peu) à me battre avec T., mon éternelle partenaire, j'en avais presque oublié ce blog. Le détachement aidant, j'avais décidé d'y revenir par nécessité, quand j'aurais vraiment quelque chose d'important à raconter. C'est le cas aujourd'hui.

J'avais décidé d'aller voir Gasland, qui était projeté cette après-midi dans un café. C'est un film qui parle de l'extraction des gaz "non conventionnels" aux Etats-Unis, qui a eu lieu là-bas de manière explosive au cours des dix dernières années. Je savais que ce film montrait les dégâts sur l'environnement (l'eau en particulier) de méthodes d'extraction particulièrement violentes. C'est tout ce que je savais.

Et puis, en voyant des visages, des histoires personnelles, des lieux associés à ce phénomène que je ne connaissais que de manière abstraite, je me suis sentie de plus en plus triste et éprouvée par ce que je découvrais. Aux Etats-Unis, les sous-sols appartiennent aux mêmes propriétaires que les sols. Il y a donc des milliers de gens qui ont été contactés par des compagnies gazières, et à qui on a proposé des sommes d'argent importantes en échange du droit de miner leurs terres. Quelques années plus tard, ils sont complètement démunis.

Il faut dire que le forage des gaz non conventionnels, qu'on appelle en France les gaz de schiste, nécessite des forages en très très grande profondeur (jusqu'à 2500m.), et horizontaux, afin de maximiser la quantité de gaz qu'on peut faire sortir du sol. Il faut dire qu'on utilise une technique appelée "fracturation hydraulique", qui consiste à envoyer avec une très forte pression des quantités astronomiques d'eau mélangées à un cocktail hallucinant de produits chimiques (plus de 500 produits différents, la plupart étant extrêmement toxiques). 

La conséquence, c'est que les gaz et tous ces produits chimiques empoisonnent les nappes phréatiques, et que les gens chez qui on a foré se retrouvent avec une eau complètement intoxiquée, voire même inflammable (dans certaines régions on a fait passer des arrêtés interdisant aux gens d'utiliser un ventilateur pendant qu'ils sont sous la douche, ou bien d'utiliser un appareil électrique quand un robinet coule, tout cela afin d'éviter que leur maison explose). Leurs animaux, quand ils en ont, tombent malades, perdent leurs poils par poignées. Leurs enfants deviennent asthmatiques. Ils sont victimes de très fortes migraines, de lésions cérébrales, du cancer. Et ils racontent leur déchéance à la caméra, la manière dont ils sont tombés malades, et dont ils ont vu la terre de leur enfance, les lieux qu'ils aimaient être bousillés par les forages.

Mais comme ils ont accepté de louer leurs terres aux grandes compagnies gazières, ils ne peuvent rien faire, à part payer un avocat pour intenter un procès. Lorsqu'ils obtiennent un dédommagement financier de la part des compagnies, ils n'ont plus le droit de parler de leurs problèmes de santé (clause de confidentialité), ce sont des associations qui doivent le faire pour eux. Parfois, dans le meilleur des cas, ils parviennent à se faire livrer chaque semaine des citernes d'eau potable (financées par les compagnies), parce que leur eau du robinet est reconnue inutilisable.

Le film montre le désespoir de ces gens. Il montre aussi, tandis que son réalisateur voyage à travers les Etats-Unis, caméra à l'épaule, des zones immenses complètement dénaturées par les puits à gaz. Des zones sauvages magnifiques qui deviennent des décharges, des rivières où sur des kilomètres, les poissons morts remontent à la surface...

Face à ce désastre, l'industrie demeure muette et hypocrite. En vertu d'un code de propriété industrielle, elle ne divulgue aucun des produits chimiques qu'elle utilise pour la fracturation hydraulique (ce sont des expertises citoyennes qui ont permis d'identifier les 500 et quelque produits chimiques utilisés). Il faut dire qu'elle est très très liée au pouvoir. Tiens, tiens, le PDG d'Halliburton, une compagnie impliquée dans le forage, est Dick Cheney, vice-président de Bush. C'est curieux, ça pourrait presque nous rappeler notre joyeux monde sarkozyste.

Tout cela donne une impression de désolation, de mépris absolu de la démocratie et du droit à l'information... Tout de même, ce qui est un peu étrange, c'est que les protagonistes du film sont presque toujours filmés dans leur voiture, souvent un gros pick-up que les Etats-Uniens semblent trouver tout à fait normal de posséder, et qu'on ne peut pas s'empêcher de se dire que cette industrie criminelle de l'extraction ne s'enrichit pas sans consommateurs, que c'est parce qu'il y a cette demande-là que les forages sont légitimés aux Etats-Unis. 

Ce que le film ne fait pas du tout apparaître, c'est cette question du "mode de développement": dans quel monde veut-on vivre? A quelle vitesse veut-on se déplacer? Quelles sont nos priorités? Parce que comme Môssieu Yves Cochet, intervenant, l'a fait valoir, il ne faut pas imaginer conserver nos modes de vie dans un monde s'appuyant sur l'énergie renouvelable (avions, maisons climatisées, grosses voitures et compagnie).

L'enjeu du débat aujourd'hui, crucial s'il en est, c'est que les gaz de schiste sont à l'ordre politique du jour en France. Je ne sais pas si vous le savez, mais Jean-Louis Borloo a signé en mars 2010 à Total et GDF-Suez un permis d'exploration pour toute une zone du Sud de la France, qui couvre des régions parmi les plus belles... ainsi que pour d'autres zones, notamment la Seine et Marne (d'où vient l'eau qu'on consomme à Paris). Tout cela a eu lieu dans le plus grand déni de démocratie, étant donné que ni les conseils régionaux, ni l'Assemblée Nationale, ni les communes n'ont eu leur mot à dire.

Actuellement, suite à une première mobilisation, il y a un pseudo-moratoire sur l'exploration, qui a été décrété par Kosciusko-Morizet et qui visiblement ne vise qu'à repousser l'annonce de la poursuite de l'exploration à la période post-élections cantonales, vraisemblablement une fois qu'un rapport lénifiant, produit par des ingénieurs des Mines proches du pouvoir, aura été produit (voir à ce sujet le blog de Fabrice Nicolino). Mais on peut noter que les Conseils Régionaux d'Ile de France, de Rhône-Alpes et de Picardie ont prononcé un voeu contre toute exploitation sur leur territoire, et que le Conseil Général de l'Aveyron (UMP) a également demandé un moratoire.

La mobilisation qui se met en place pourrait être une des plus importantes de notre époque. Il faut dire que l'enjeu est de taille... A l'échelle de la Terre, la quantité de gaz non conventionnels serait quatre fois supérieure à celle des gaz conventionnels. C'est dire que la question du pic pétrolier et celle du changement climatique se posent différemment lorsqu'on intègre ce paramètre!

Si vous n'êtes pas encore très au courant du sujet, je vous encourage à regarder Gasland sur Internet:  http://www.dailymotion.com/video/xgr5im_gasland-vostfr-1-6_news

et à faire passer l'information autour de vous le plus possible. 

Le site de Fabrice Nicolino fait des points très précis et réguliers sur l'affaire, et une mobilisation est en train de prendre de l'ampleur. On peut d'ores et déjà signer une pétition en ligne:

http://www.petitions24.net/gaz_de_schiste__non_merci

Ah! Oui! Le titre, pourquoi ce titre? Dans le film, une personne interrogée explique au réalisateur que l'exploitation des gaz non conventionnels, c'est le vrai bazar, un peu comme une chambre d'ado: on mélange les procédés, les produits chimiques, on fait, on défait, on bidouille, sans aucun plan d'ensemble. A un autre moment, une voix off compare l'exploitation des gaz non conventionnels aux premières automobiles: sans pare-brise, sans ceinture, sans aucun dispositif de sécurité... Et tout ça pour quoi?

 

Par Elodie - Publié dans : Je suis verte
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 10:18

Voilà une question qui m'a déjà turlupinée... La première fois, c'était après être allée manifester à Pampelune contre la corrida, en 2006. Il y avait plein de vegans (ce sont des gens qui ne consomment rien qui vienne des animaux, pas même de miel, et qui se prononcent contre l'exploitation animale en général), et en rentrant je me suis dit que zut, il n'y avait pas de raison que je continue à consommer des produits laitiers, par exemple, alors que leur production générait bien autant de souffrance sur les vaches et les veaux que la production de viande.

Ensuite je me suis donc mise au véganisme pendant quelques mois, et là, je dois dire que c'était plutôt galère. En fait j'avais l'impression de devoir y penser tout le temps pour que ce soit possible (par exemple, pas de pain au chocolat à la boulangerie, refus des chocolats que mes collègues pouvaient proposer en salle des profs, refus de la tarte au légumes qu'une amie avait préparée pour un pique-nique, sachant que j'étais végétarienne...). J'avais l'impression aussi que cela me desservait et desservait ma cause, dans la mesure où les "profanes complets" sur le sujet ne me comprenaient pas bien, et me trouvaient plutôt difficile que facile à vivre.

Je suis ensuite retournée au végétarisme, avec l'idée que le véganisme était une norme pour moi seule, quand j'étais à la maison par exemple... Mais qu'en société, il était préférable de manger végétarien pour pouvoir me mélanger le plus possible à toutes sortes de gens, et partager avec eux un certain nombre de plats.

L'autre jour, je suis allée au Vegan Day, un évènement assez incroyable et réjouissant, qui occupait tout l'espace de la Bellevilloise, un immense lieu branchouille de Paris. J'ai pu acheter un sac militant contre le foie gras (que je brandis dans le train de Vaucresson, devant les vieilles pouffes à fourrure); de la nourriture vegan pour chat que Bibilou n'a pas aimé, mais alors pas du tout; j'ai pu me délecter d'un brunch vegan succulent... Bref, c'était chouette. Ce qui l'était moins, c'était que lorsqu'on me demandait si j'étais vegan, et que je répondais que non, j'étais végétarienne, on me regardait avec une sorte de moue suspecte et dégoûtée, comme si j'avais dit, mettons, à une réunion des Alternatifs, que j'étais au PS, voire, n'ayons pas peur des mots, au MODEM. On me demandait si je n'avais pas été convaincue, si je n'avais pas compris, en réalité, qu'il fallait être vegan.

Et je répondais que si, que j'avais bien compris la pertinence du véganisme, mais que ma propre pureté quant à la consommation m'apparaissait plus comme un moyen que comme une fin, pour que de moins en moins d'animaux soient exploités et maltraités, et que j'aimais mieux ne pas être vegan à 100% mais entraîner beaucoup de gens dans mon sillage, que l'être et devoir faire des arrangements compliqués pour pouvoir le rester, quitte à subir un certain isolement.

Et c'est bien ce dont je reste convaincue.

Avec les Alternatifs par exemple, on organise souvent des repas végétariens. La dernière fois, c'était à la Rôtisserie, la semaine dernière. C'est en partie pour aller dans ma direction que les autres le font, alors si je disais "je ne mange pas de votre gratin parce qu'il n'est pas vegan", je pense qu'ils ne feraient plus rien de végétarien. Je trouve qu'il faut accepter l'idée de compromis, quand les autres vont dans la bonne direction, même s'ils ne vont pas aussi loin qu'on le désirerait... L'essentiel pour moi, c'est que ça avance. Je suis résolument réformiste question végétarisme, attention, pas contre-réformiste au sens du PS, non, réformiste, je veux que ça avance et je suis consciente des difficultés et des pesanteurs. Par exemple, je suis consciente qu'un dessert vegan, ce n'est pas facile. Pour essayer parfois de faire des pâtisseries vegan, je me rends compte qu'il faut faire beaucoup d'essais avant que ce soit satisfaisant. 

Je sais que c'est possible, qu'on peut arriver à tout préparer vegan, mais je pense que ça nécessite une sorte de changement de paradigme culinaire qui n'est pas évident, et qui n'est pas à la portée de tout le monde. Alors que le végétarisme, ce me semble bien facile...

Aujourd'hui je trouve que j'ai beaucoup de chance de vivre entourée de gens qui mangent végétarien, par égard pour moi: mon frère qui cuisine intégralement végétarien pour sa fête des 30 ans; mes colocs qui acceptent de faire un appart sans chair morte alors qu'ils ne sont pas eux-mêmes végétariens. Si je devais refuser la croûte aux champignons à la crème que mon frère a préparée, ou bien les lasagnes que ma coloc a cuisinées, par recherche de pureté, je trouverais ça absurde. Et je ne veux pas non plus, quand je suis invitée quelque part, dire à mes hôtes ce qu'ils doivent préparer, et avec quels ingrédients. 

En fait, je pense que tout est question de contexte. Dans un monde végétarien, ce serait bien plus légitime de se proclamer vegan et de refuser tout aliment provenant des animaux. Mais dans le monde dans lequel nous vivons, je crois qu'il faut creuser des fissures, ébranler les certitudes, ouvrir de nouvelles voies quant à la manière de s'alimenter. Ce me semble déjà bien.

Il y a des postures plus radicales et c'est bien tant mieux car nous en avons besoin aussi. En tout, nous avons besoin d'une avant-garde qui nous tire vers plus de radicalité. Mais ce n'est pas dans cette avant-garde que je choisis de me situer. En tout cas, du point de vue de l'alimentation. Donc, à mon avis, il faut des vegans et des végétarien-ne-s, et je choisis la seconde voie.


Par Joséphine Trouillot - Publié dans : Vive la vie veg
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 10:10

Et peut-être le retour des articles sur ce blog?

Un petit article pour signaler une réunion publique organisée (entre autres) par les Alternatifs, sur les dernières mobilisations sociales: désespérantes du point de vue de leurs résultats? Porteuses d'espoir du point de vue de leur succès populaire, et de l'invention que certaines luttes ont manifesté (blocages; actions symboliques; critique des médias...)?

En tout cas ce qui s'est passé nous interpelle beaucoup, chez les Alternatifs. Et cela questionne énormément le rôle des syndicats à représenter et gérer les luttes, alors qu'ils ont été une force incontournable au 20ème siècle...

"Réformes des retraites: perspectives ouvertes par 6 mois de mobilisation"

Ca se passe à l'AGECA (177 rue de Charonne, 75011 PARIS, métro Charonne ou Alexandre Dumas), mardi 14 décembre à 19h.

Par Joséphine Trouillot - Publié dans : Je suis rouge
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 09:08

On se mobilise tou-te-s, c'est le moment ou jamais!

 

Non, la réforme Sarkozy n'est pas inéluctable. A nous d'imposer un rapport de force pour qu'elle soit retirée (le CPE a montré que le vote d'une loi n'impliquait pas forcément son application).

 

Non, la réforme Sarkozy n'est pas la seule possible, qui serait imposée par une évolution démographique inéluctable. Elle révèle au contraire une profonde adhésion à un modèle néolibéral, qui fait peser tous les efforts du côté des travailleurs et justifie toutes les exonérations d'efforts du côté du capital (ouh, les pauvres patrons qui sont déjà écrasés par les charges, ils vont partir à l'étranger et vous, les petits travailleurs, vous n'aurez plus que les yeux pour pleurer, car il est bien évident que ce sont eux qui vous permettent de gagner votre pain quotidien...). Elle assume comme un fait normal et juste le transfert de richesse qui s'opère depuis des décennies entre travail et capital, et qui implique que, pour que nos retraites soient finançables, il faille les réduire comme peau de chagrin par le biais de l'accroissement de la durée de cotisation, et de la décote. Ah, la décote!! Ils ne veulent pas réduire le niveau des pensions qu'ils nous disent. Mais la décote, à quoi ça sert sinon, précisément, à cela?

 

Les petites vidéos ci-dessous traitent de ces questions économiques d'une manière assez ludique et pédagogique. La "conférence gesticulée" qu'elles présentent s'inspirentde l'ouvrage de Bernard Friot, L'enjeu des retraites.

 

 

 

 

Alors, dans la rue demain et mardi? C'est le moment ou jamais.


Dans ma salle des profs, il y a une petite affiche qui fait très peur. Elle rapporte deux simulations effectuées pour évaluer les effets de la réforme: montant de la pension touchée dans le cadre de la loi avant réforme, et dans le cadre de la loi après réforme. Bilan: un-e prof certifié-e qui a commencé à travailler à 24 ans (ce n'est quand même pas exceptionnel, pour un concours qui s'obtient à bac+4) devra, dans le cadre de la réforme, travailler deux ans de plus et perdra 600€ de retraite par mois! Pour quelqu'un-e qui a commencé à travailler à 26 ans, ce sont carrément 800€ de retraite en moins! Alors, on n'en est pas à un ou deux jours de grève près, non?

 

Vive la grève!

 

(hier, je suis allée pour la toute toute dernière fois chez ma coiffeuse sarkozyste, cette fois-ci c'était la fois de trop; et l'entendre me débiter le catéchisme de l'UMP sur les entrepreneurs écrasés par les charges, qui ont bien raison de délocaliser en Roumanie parce qu'en France c'est vraiment pas possible, et que ces grévistes y commencent à nous casser les pieds y z'ont pas compris que la loi elle a été votée par le Sénat mais qu'est-ce qu'y veulent?; l'entendre me débiter ces insanités tout en s'acharnant sur mes cheveux avec un rasoir et avec agressivité, avec en toile de fond une radio bruyante et saturée de publicité, vraiment, c'était trop. Si vous connaissez une coiffeuse antilibérale, je suis preneuse)


Par Elodie - Publié dans : Je suis rouge
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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 08:47

J'ai eu la chance cet été de participer aux rencontres des Objecteurs de Croissance à Marlhes, dans la Loire, où j'ai pu intervenir au nom des Alternatifs. Il me semblait important de traiter de la question du "comment": comment on change de société, comment on cherche à infléchir un système qui nous répugne et dans le même temps, à développer d'autres espaces... Ma contribution est publiée sur le site des Objecteurs de Croissance où on peut la commenter. Et on peut la commenter ici également!

 

 

Faut-il atte(i)ndre une masse critique d'individus acquis à la décroissance pour changer de société?

 

Contribution préparée avec des apports de deux camarades: Jean-Jacques et Mathieu.

 

Au point de départ de cette intervention, il y a la conception, sans doute partagée dans la mouvance politique que nous représentons, de l’insoutenabilité de notre mode de vie actuel (très lourd écologiquement, reposant sur une exploitation des pays du Sud et générant des inégalités sociales toujours croissantes). Il y a également la conviction qu’un autre monde est souhaitable, fondé sur des valeurs positives comme le lien social, le vivre ensemble, la qualité de vie… A partir de ce rejet et de l’aspiration à un autre modèle, se pose la question des leviers, et des chemins pour changer de société. Par où commençons-nous, que faisons-nous ? La réponse doit prendre en considération les moyens que nous avons, l’état des forces que nous constituons (pour l’instant, malheureusement, extrêmement minoritaire).

Il est nécessaire de constituer une masse critique convaincue de la nécessité d’une décroissance (mais cela n’est pas suffisant)

Intellectuellement, les forces que nous représentons doivent construire un cadre de pensée solide et partagé, d’où doivent découler des pratiques, luttes et propositions alternatives. Nous devons être convaincu-e-s, tou-te-s ensemble, de la grande nocivité des concepts comme le développement durable ou la croissance verte, qui empêchent bien souvent une remise en question des paradigmes dominants, là où elle serait nécessaire. Ce qui n’implique pas de rejeter d’emblée toutes les solutions technologiques ou économiques, mais tout simplement de regarder au-delà. Nous devons développer un intellectuel collectif qui érige un autre modèle, porteur de sens et de valeurs positives.

Les luttes symboliques contre la société de consommation (anti-pub ; Vélorution…) ont un rôle à jouer à la fois pour nous fédérer, et pour éveiller l’attention et susciter la prise de conscience.

Par ailleurs, nous croyons qu’il est très important que les divers mouvements constitués (comme le nôtre) essaient le plus possible, à leur niveau, de mettre en application les grands principes qu’ils portent. Nous croyons que des questions comme « que mangeons-nous ? Comment nous déplaçons-nous ? Qui parle ? Qui décide ? Qui essuie la vaisselle ? Qui sert le café ? » sont aussi importante que celles qui relèvent de la stratégie politique plus classique.

A l’occasion des événements collectifs que nous organisons, nous constatons la difficulté d’instaurer des pratiques vraiment alternatives, même si la préoccupation est permanente. Nous constatons que les habitudes anciennes (rapports hommes-femmes ; consommation…) sont bien ancrées, et qu’il faut une attention soutenue et une certaine persévérance pour parvenir à en sortir. Il faut une vigilance permanente, parce que dans la société actuelle, les choix les plus faciles et les moins chers sont le plus souvent anti-écolo et anti-sociaux (acheter de la vaisselle en plastique et de la nourriture industrielle plutôt que nettoyer nos couverts et consommer bio).

La Révolution longue : une articulation des luttes et des alternatives

Sur cette base, nous proposons comme modèle pour le changement de société le concept de « Révolution Longue », ou « Révolution Lente ». C’est un concept qui va au-delà de la problématique écologique et qui permet d’englober les différents axes de notre engagement (solidarités, féminisme, autogestion, altermondialisme). Il répond donc à la question de « comment changer ? ».

La proposition de Révolution Longue part d’un rejet des solutions classiques : réformisme (auquel nous ne croyons pas) ; approche révolutionnaire qui repousse toujours à plus tard le Grand Soir autour duquel tout s’articule. Elle part pour nous également du manque de crédibilité de plusieurs autres hypothèses (les masses seraient spontanées ; il suffirait de détruire ce système pour que sur ses cendres se construise naturellement un système libertaire).

L’approche alternative est une approche pensée, qui doit être construite collectivement.

  • Il s’agit à la fois de lutter et de construire des alternatives (lutter contre les OGMs et mettre en place des AMAPs ; lutter contre les autoroutes ou les LGVs et promouvoir les transports doux…).
  • Beaucoup de pratiques peuvent relever de la Révolution Longue : AGs étudiantes ; médias alternatifs ; économie sociale et solidaire…
  • Entre ces pratiques, la mise en réseau est fondamentale, pour développer une force qui ne soit pas hiérarchisée, avec une multitude de centre, dans laquelle la décision soit la plus partagée possible. Une piste pour permettre à ce réseau de se constituer : un modèle inspiré des Bourses du Travail d’il y a un siècle, comme des lieux de permanence, de confrontation, d’échange…
  • L’autogestion doit constituer dans la Révolution Longue à la fois un moyen et une finalité. Un moyen parce qu’elle doit s’inscrire dans les mouvements de lutte (partis ; syndicats ; collectifs…) ; une finalité dans la production agricole et industrielle, dans l’éducation…
  • Les médias alternatifs ont un rôle très important pour faire connaître et promouvoir les pratiques alternatives, dans un contexte où les médias de masse promeuvent la consommation ostentatoire, le luxe, la mode… Les « think-tanks citoyens », mouvements d’éducation populaire et d’élaboration collective, ont par ailleurs un rôle important à jouer.

Il s’agit donc de créer et de multiplier les foyers d’opposition au capitalisme, de donner un cadre politique aux différents projets (c’est-à-dire de les inscrire dans quelque chose de plus large). La perspective, c’est de multiplier ces éléments de rupture jusqu’à atteindre une masse critique qui conduira à marginaliser le système dominant, qui est nuisible à la plupart d’entre nous. L’idée, c’est que lorsque les alternatives seront connues, le système actuel ne pourra pas se maintenir (qui connaîtrait une organisation du travail autogestionnaire et se satisferait de vivre sous la coupe d’un patron ?). Mais on peut aussi avancer que, même si la masse critique n’était jamais atteinte, toutes ces pratiques mises en œuvre, tous ces espaces gagnés permettent de faire déjà exister un autre monde, ici et maintenant. Tout ce qui est pris sur le système dominant a sa raison d’être et sa valeur, et c’est pourquoi nous devons le développer.

On parle donc de Révolution Longue parce qu’elle a déjà commencé, et parce qu’elle ne doit pas s’arrêter. C’est un processus qui doit être repensé en permanence, à mesure que la situation se transforme. Certaines réponses au système, légitimes à un moment donné, peuvent ne plus l’être dans un autre contexte. Par exemple, un squat est légitime aujourd’hui parce que l’accès au logement est très difficile. Dans un cadre où le logement serait socialisé, il pourrait ne plus l’être.

Quid du rapport aux institutions ?

Les luttes et les alternatives, nous les considérons comme des éléments d’affaiblissement du système, qui sont pertinents et nécessaires. Mais dans certains domaines, nous sommes forcé-e-s de constater qu’il est difficile de s’inscrire contre, ou en marge du système. On peut aussi penser que dans un certain cadre fiscal, législatif, politique, il faut beaucoup de motivation pour s’inscrire contre le système.

Par exemple, pour choisir aujourd’hui de quitter EDF et d’adhérer à Enercoop ; pour élever ses enfants autrement que dans le cadre classique…

Par ailleurs, nous faisons le choix, chez les Alternatifs, de ne pas rester en dehors des sphères de décision et de participer aux processus électoraux, sans naïveté toutefois, et pas à n’importe-quelles conditions. Les campagnes électorales et les échanges avec d’autres mouvements, mais aussi les réactions aux propositions des institutions constituent des occasions pour élaborer un autre modèle. Dans plusieurs domaines, il s’agit plutôt de chercher à peser sur les décisions politiques que de s’inscrire en rupture avec le système.

Services publics : ce sont des outils politiques très importants au service d’une société plus écologique (énergie, transports, logement), mais aussi d’une société plus égalitaire (éducation, santé…). Or le projet de réduction des consommations matérielles doit aller de pair avec une décroissance des inégalités, et en cela, les services publics doivent jouer. C’est par eux qu’on peut promouvoir une politique d’écologie sociale et solidaire, qui puisse être portée largement par la population : des cantines bio ; des logements sociaux bien isolés ; des transports collectifs bon marché et de qualité…

Défendre les services publics et appeler à leur renforcement et leur démocratisation, cela doit se faire à tous les niveaux. Dans cette perspective, l’échelon local (batailles pour la remunicipalisation de l’eau) peut permettre de faire prendre conscience des logiques globales en œuvre.

Fiscalité : c’est un autre levier fondamental, qui doit être pensé. La proposition de taxe carbone Sarkozy a bien montré ce que pouvait être une fiscalité écologique injuste et inefficace. Il s’agit à la fois de réfléchir à qui est taxé ; mais aussi à la manière dont les bénéfices de la taxation peuvent être réinvestis.

Il s’agit également de se servir, au niveau des collectivités, des subventions et des marchés publics comme des leviers pour lutter contre les projets polluants et mus par la logique du profit, et pour développer les projets qui permettent la relocalisation, qui stimulent des modes de production respectueux et socialement responsables.

Par Elodie - Publié dans : Je suis verte
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 09:26

J'ai pris une décision un peu folle: vivre avec d'autres personnes que moi-même. Il faut dire que la proposition qui s'est posée sur mon épaule, comme un papillon, ne se refuse pas: une belle chambre, dans un appartement lumineux et chaleureux, avec deux personnes très sympathiques prêtes à évoluer vers le végétarisme et en quête de fraternité.

Il va me falloir transporter mes petites choses du Sud au Nord de Paris. Surtout des livres. Alors, j'ai décidé de m'alléger un peu. Je suis allée toquer au foyer Emmaüs, dans une petite rue tout près d'ici, sur le chemin du Parc Montsouris. Le gardien noir m'a accueillie avec un immense sourire. Est-ce que je peux donner des vêtements? Oui! Et des chaussures? Oui! Et des petits meubles? Oui! Et merci pour le partage! Il me dit avec un regard profond. Je remonte mes six étages, je remplis énergiquement un panier avec des pantalons, des chaussures, des T-Shirts. Parce que je n'en ai pas tellement besoin et en fait, je m'habille toujours presque toujours de la même façon...

Je retourne au foyer Emmaüs. Le gardien est allongé sur un canapé dans le hall. Il se lève d'un seul coup, "Déjà?", et je lui transmets mes affaires. Merci! Il dit. Je reviendrai, je lui réponds, je vais bientôt déménager.

Plus légère, je me sens plus concentrée, plus paisible. Je m'imprègne de la lumière des façades dans la rue, de la couleur du ciel. C'est une nouvelle vie qui m'attend, elle me fait un peu peur (si j'étais prise d'une sauvagerie fulgurante?), mais l'expérience me tend les bras. Et je l'étreins.

Par Elodie
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 09:36

Quand on laisse un terrain à l'abandon, des herbes sauvages se chargent de l'occuper. Mauvaises, les herbes? C'est là une conception bien utilitariste de la végétation... Voire même non informée. Les plantes sauvages peuvent nourrir, elles peuvent soigner.

 

Mais quand on laisse un blog à l'abandon plus de 45 jours, c'est la publicité qui envahit l'espace virtuel. Publicité agitée, stressante. Il ne faudrait surtout pas qu'un espace occupé par un hébergeur (Over-Blog) ne soit pas au service de notre bonne société de consommation!

 

Ce petit post est donc un signal adressé à cette méchante publicité: déguerpis! Tu n'es pas chez toi ici!



Par Joséphine Trouillot
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